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La mort du jeune Afghan, dont l'innocence fut établie par la suite, constitue le point névralgique de ce documentaire sans concession, réalisé par Alex Gibney, auteur d'un précédent documentaire très remarqué sur le scandale d'Enron. À travers les témoignages de la famille de Dilawar, des soldats inculpés, mais aussi d'officiels hauts placés dans l'armée ou dans l'administration Bush, apparaissent clairement la volonté et la responsabilité du pouvoir dans le recours à la torture sur des hommes qualifiés arbitrairement de "prisonniers de guerre". 

De Bagram à la prison d'Abou Ghraib en Irak, puis à Guantanamo, le réalisateur démontre que les mauvais traitements et les humiliations infligés aux détenus n'étaient pas le fait de "quelques pommes pourries" selon l'expression du ministre de la Défense d'alors, Donald Rumsfeld. Divisé en de nombreux chapitres, Un taxi pour l'enfer quadrille implacablement le sujet, partant des images chocs prises à Abou Ghraib par les tortionnaires eux-mêmes pour détailler les sévices mis au point par la CIA lors de certains interrogratoires, dont le "waterboarding" (asphyxie par l'eau), pratiqué pour extorquer des aveux aux suspects dans la prison de Guantanamo. Des faits que le gouvernement du président Bush a aggravé en cherchant à justifier l'usage de la torture selon les circonstances, puis en remettant en cause la convention de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre, que le chef de l'État lui-même a qualifié de "vague" et "sujette à interprétation". Cette enquête d'un citoyen en colère jette un voile sombre sur un État qui, plus que jamais, prétend défendre la démocratie dans le monde.
 


Grand Prix du Documentaire, Festival Tribeca, New York 2007

Tag(s) : #Mes Documentaires

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