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Après avoir envoyé plus de 200 lettres de candidature aux différents centres hospitaliers européens francophones, et postulé pour bon nombre de bourses de formation médicale, j’ai enfin été admis auprès de l’université libre de Bruxelles qui collabore avec ma faculté et offre une bourse FOSFOM « Fonds de soutien à la formation médicale » pour financer une année de ma formation spécialisée en chirurgie au CHU de Brugmann à la capitale belge.

Cette bourse n’a certainement pas comme objectif majeur le perfectionnement et l’épanouissement professionnel des cadres du continent africain dans les plus grands hôpitaux occidentaux, même si cela peut être atteint partiellement si l’on est sérieux et intéressé. Mais elle vise surtout l’importation, à moidre prix, d’une masse ouvrière capable d’assumer les mêmes taches que les résidents ou internes locaux ou les post-gradués comme on les appelle ici en Belgique… cela dit, ce salaire minimum proposé par l’institution occidentale reste maintes fois plus honorable que les miettes que me jette l’institution sanitaire marocaine à la fin de chaque misérable mois, sans compter la couverture sanitaire que j’ai reçue le deuxième jour de mon arrivée à Bruxelles (couverture, rappelons-le, dont je ne bénéficie pas au Maroc), et le cadre professionnel propice à l’apprentissage, joignant l’efficace à l’agréable.

L’objectif de cet article est d’introduire ma chronique que j’essayerai de maintenir au fil de l’année que je passerai au cœur de l’Europe … la maintenir dans la mesure du possible, avec le peu de temps que daignera me laisser le travail tant vénéré par les gens ici.

Cette expérience européenne, je l’ai tant convoitée dès l’obtention de mon bac et m’apprêtais à quitter le Maroc pour les universités françaises alors que je figurais encore sur la liste d’attente de la faculté de médecine de Rabat.

Je m’apprêtais donc à renoncer aux études médicales que j’ai toujours voulu faire - un désir entretenu pendant des années par la remarquable représentation de ce métier par un médecin honnête et loyal qu’est ma mère - en cette période de l’année 1999, tourmenté par la mort de feu Hassan II, pour commencer à 18 ans une expérience nouvelle … ma première dans un autre pays, en terre d’Europe … Mais mon destin, tracé minutieusement par le très savant, me réservait autre chose … les deux premières pages de la liste d’attente, punaisées à ce vieux tableau en bois du hall de la faculté ont été retenues. J’ai ainsi échappé de justesse à l’expérience européenne…ou, si l’on veut, c’est l’expérience européenne qui m’a échappé.

A vrai dire, je n’ai pas choisi la Belgique, c’était la seule alternative … partir en Belgique … ou continuer le combat au Maroc, affaibli, dégouté, déçu et mal à l’aise … j’avais besoin d’un moment de répit pour rallier mes forces et restructurer mes idées dans un environnement plus propice à l’apprentissage, didactique et respectueux … je me sentais érodé par le laisser-aller et l’impureté du système … ce système que je devais subir sans pouvoir le changer

L’objectif de cet article est aussi d’ouvrir à mes confrères de nouveaux horizons. Limités par la langue française qui sous-tend notre formation (en dépit de l’impact infime de cette langue dans la production scientifique mondiale), le choix des pays proposant des stages de cursus se voit restreint, offrant à la France la presque exclusivité des compétences marocaines travaillant temporairement dans les établissements hospitaliers.

Je voudrais attirer l’attention de mes confrères sur d’autres pays comme la suisse francophone appelée : « La Romandie », où j’ai envoyé une dizaine de lettres de candidature ; toutes refusées car il fallait postuler une à deux années à l’avance vu le nombre important de demandes que reçoit un pays qui paie très bien les « Médecins assistants » étrangers et où les gardes sont très bien rémunérées … Le Luxembourg qui compte aussi quelques centres hospitaliers acceptant les médecins étrangers, et la Belgique où il faut négocier sa rémunération avec les services des ressources humaines des différents CHU.

Les stages dans les établissements belges ne sont généralement pas rémunérés sauf dans le cadre de fonds spéciaux comme celui du FOSFOM que j’ai pu décrocher, et que beaucoup de mes confrères ignorent pour la simple raison que chaque personne qui en bénéficie estime judicieux de ne le dire à personne.

Toutes les informations concernant cette bourse sont disponibles sur ce lien :
http://www.ulb.ac.be/facs/medecine/fosfom/

J’ai bien évidement adressé des centaines d’autres demandes aux centres hospitaliers universitaires, régionaux et périphériques de la France, Métropolitaine et d’outre-mer. Toutes récusées car elles ont coïncidé avec la mise en vigueur à cette période, d’une loi obligeant les médecins africains à passer un concours de connaissances médicales que j’ai payé 700 Dh un matin de mars.

En ratant ce concours à un point et demi, j’ai échappé à l’expérience française sans que celle européenne ne m’échappe ! Car un beau matin de juin, la Belgique m’ouvrit la porte du vieux continent. Ce pays des moules, des gaufres, des frites et du chocolat a accepté ma demande … il devra une fois de plus accueillir un rifain, qui s’ajoutera aux innombrables « Ryafa » répandus dans tout le pays.
Tag(s) : #L'école du voyage

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