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La gare du nord est la station de train la plus proche de là où j’habite. J’ai parfois l’habitude de fuir chez ma famille paternelle à Anvers quand un week-end se libère. Je voyage à la ville des diamants pour me concilier avec mes racines nord-est-marocaine et faire le plein d’affection, d’amour, de chaleur, de sincérité, de spontanéité et de discussions à but non lucratives pour pouvoir tenir le coup jusqu’à la fin sans que le cercle vicieux occidental « Métro, Boulot, Dodo » me fasse perdre beaucoup de mes coutumes afro-marocaines … pour ne pas perdre la tête surtout !

Devant la voie ferrée, Il n’est que 15h … Il me reste encore 40 minutes avant le prochain train. La génération frustrée, ne sachant pas comment passer ce temps sans rien faire, commence déjà à retirer les Smartphones de leurs housses pour s’hypnotiser devant les petits écrans tout en écoutant du « bruit organisé » avec de très gros casques. Les plus frustrés se dirigent vers les distributeurs automatiques pour acheter des boissons gazeuses très sucrés et/ou des barres chocolatées hypercaloriques pour apaiser l’ennui qui a jailli soudainement à la surface. Les moins frustrés se sont cachés derrière des journaux sur lesquelles il y a beaucoup de photos très mal choisies de femmes afghanes ; ce n’est qu’en s’approchant que j’ai pu comprendre pourquoi : « la loi interdisant le port du Niqab/Burqa entre en vigueur aujourd’hui 23 juillet en Belgique » écrit en Times New Roman, en gros et en gras.

Quand à ma frustration, je l’ai enterré en quittant la gare pour faire un petit tour dans les parages. Question d’approfondir ma relation avec Bruxelles et ne pas trop fixer la génération frustrée.

En s’évacuant par l’une des sorties arrières de la gare, je tombe sur deux ou trois sex-shops, un grand cinéma XXX et deux grands gabarits qui ont l’air de négocier avec des « vendeuses de plaisir » … J’en déduis que je suis dans le quartier rouge de la ville … à gauche, une longue rue très mouvementée, occupés par des hommes (tous âges, nationalités et toutes classes sociales confondues) qui sont entrain de regarder dans la même direction. Il y en a qui s’arrête pour bien prendre le temps de contempler. D’autres font des signes de mains. Les voitures circulent à très basse vitesse sans que personne ne klaxonne … je fais des petits pas en direction de cette rue pour savoir ce qui s’y passe. J’avais presque la certitude qu’il s’agit des « femmes en vitrines » qui font la particularité de la prostitution belge et néerlandaise.

Effectivement, en levant la tête, je tombe sur la première jeune femme : habillée d’une manière très vulgaire, qui regarde en ma direction en me souriant et en m’invitant de rentrer à sa cage … un regard vide … un sourire froid et une invitation honteuse … elle fait cela avec tout le monde … elle s’est rabaissée – ou on l’a fait rabaissé - à un objet sexuel, exposé dans une vitrine, que l’on use à la longueur de la journée par n’importe quel sale obsédé … J’ignore ce qu’elle ressent en offrant son corps à la longueur de la journée aux angoissés qui travaillent comme des fous dans le quartier des affaires qui entoure la gare … J’ignore à quoi elle réfléchit quand elle pose sa tête sur l’oreiller après que l’on s’est servi d’elle comme vidoir par les victimes du porno, les otages du sexe et les esclaves du plaisir ; des gens qui voyagent à Bruxelles parce que l’on a la possibilité de choisir le « produit » qui nous convient le plus parmi les 60 vitrines – 2 à 3 prostitués par vitrine – le long de cette rue scandaleuse que l’état surveille de loin … mais je sais que sa souffrance est tellement permanente et pénible qu’elle s’est créée une autre personnalité mariant fermeté et docilité pour pouvoir supporter son vécu de prostituée de vitrine.

C’est un autre exemple de la génération frustrée : Des ados/jeunes bourrés de film X et plongés dans la culture cul et/ou des quarantenaires/cinquantenaires/vieillards insatisfaits par leurs épouses, terrifiés par leurs patrons ou abîmés par la solitude qui viennent cristalliser leurs angoisses sur une relation charnelle de 20 minutes à 40 euros avec les belles pauvres filles publiques importées de l’Europe de l’Est

Mais comment peut-on en arriver là ? Et comment un pays qui respecte « les droits de l’homme » et lutte « contre la traite des êtres humains » peut-il accepter une telle offense à la dignité humaine ; publiquement et devant l’une des trois grandes gares de sa capitale.

Pour ne pas trop philosopher sur ce sujet parce qu’il est clair aujourd’hui plus que jamais – les événements nous le confirment quotidiennement - que les pays occidentaux promeuvent le respect des droits de l’homme tant que ce respect ne nuit pas à leurs intérêts économiques et géostratégiques.

Quand il s’agit d’une pauvre Bulgare/Roumaine/Albanaise qui débarque à Bruxelles ou à Amsterdam par un réseau de proxénètes pour servir sous menace les touristes et la génération frustrée des deux royaumes : ce n’est pas de l’esclavagisme ou de la traite des humains mais des « métiers » qui offrent des « services » contre une « rémunération » . Mais quand la fille de Mohamed se marie avec son cousin Ibrahim, ou que ce dernier veut se marier une deuxième fois : on en fait toute une histoire autour des mariages forcées et de la polygamie qu’on inscrit dans le cadre de la violence sexuelle et du néo-esclavagisme arabo-islamo-taliban-Afghanistan-Pakistan … Ya Salam !!

Les prostituées de Bruxelles – plus de 5000 selon Une grande étude sur « l’offre prostitutionnelle bruxelloise » faite à l’université de Louvain : http://www.alias-bru.be/wp-content/uploads/2010/04/Prostitution-Bruxelles-en-image_2008-fr.pdf dont 70 % sont des bulgares, 15 % des roumaines et 10 % des albanaises avec des proxénètes bulgares/roumains et albanais – entretiennent cette activité essentiellement pour avoir des moyens de subsistance lorsque les canaux habituels ne le permettent pas se trouvent juridiquement à cheval entre la légalisation non réglementée française et la reconnaissance hollandaise réglementée et encadrée par des lois … Hypocrisie juridique oblige : les « fameuses vitrines » prennent le nom de « bars » où les prostituées sont légalement considérées comme des « serveuses » ; une façon de contourner la loi qui interdit le proxénétisme, le trafic d’humains et l’exploitation sexuelle parce qu’il est évident - quand les services de police et de control social veulent faire leur boulot - que la majorité des prostitués appartiennent à des réseaux de proxénétisme et qu’elles « travaillent » dans des conditions pénibles : ( horaires de « travail » exagéré, violence, drogue, MST, suicide, problèmes physiques et mentaux … etc.) … on ferme les yeux sur ça … et on trahit habilement la loi pour le bien-être des clients internationaux qui travaillent dans les grandes institutions bruxelloises puisque la ville est la capitale administrative de l’Europe … pour divertir la génération frustrée aussi … parce que ça rapporte de l’argent surtout !

Mais la loi se transforme en « parole d’évangile » quand on aperçoit une musulmane en « Niqab » qui circule dans les rues de Bruxelles – peut être même à quelques mètres de là où une misérable bulgare se fait souiller par un petit puceau belge - … Dans ce cas on l’arrête sur le champ pour infraction de la loi, elle paye une amende et on la traite d’esclave, de soumise et de maltraitée par Allah, par l’islam et par son Mari.

Faut t’il donc se prostituer pour mieux s’intégrer ?
Tag(s) : #L'école du voyage

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