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" Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale d'être bien adapté à une société malade "

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La solitude du vainqueur, Paolo Coelho, 158 159 160 161, Edititions "J'ai Lu"

 

« Le diamant. Brillant, si l’on préfère l’appeler ainsi. Tout le monde le sait, un simple morceau de charbon, travaillé par la chaleur et par le temps. Comme il ne contient rien d’organique, il est impossible de savoir le temps qu’il faut pour que sa structure soit modifiée, mais les géologues estiment que cela prend entre trois cents millions et un milliard d’années. Généralement formé à 150 kilomètres de profondeur, il remonte peu à peu à la surface, ce qui permet la dépuration du minéral.

 

Le diamant, la matière la plus résistante et la plus dure créée par la nature, qui ne peut être coupé et taillé que par un autre. Les particules, les restes de cette taille, seront utilisées dans l’industrie, dans des machines permettant de polir, de couper, et c’est tout. Le diamant sert uniquement de bijou, et en cela réside son importance : il est absolument inutile à quoi que ce soit d’autre.


La suprême manifestation de la vanité humaine.


Il y a quelques décennies, le monde paraissant se tourner vers les choses fonctionnelles et vers l’égalité sociales, les diamants disparaissaient du marché. Jusqu’à ce que la plus grande compagnie minière du monde, dont le siège était en Afrique du sud, décide de contacter l’une des meilleures agences de publicité de la planète. La superclasse rencontre la superclasse, des recherches sont effectués, et il en résulte une seule et unique phrase de quatre mots : les diamants sont éternels.


Voilà, le problème était résolu, les joailliers commencèrent à investir dans l’idée, et l’industrie redevint florissante. Si les diamants sont éternels, rien de mieux pour exprimer l’amour, qui théoriquement doit aussi être eternel. Rien de plus déterminant pour distinguer la superclasse des milliards d’habitants qui se trouve au pied de la pyramide. La demande de pierres augmenta, les prix commencèrent à monter. En quelques années, ce groupe sud-africain, qui jusque-là dictait les règles du marché international, se vit entouré de cadavres.  


… cette industrie inutile brasse autour de 50 milliards de dollars par an, emploie une gigantesque armée d’ouvriers dans les mines, de transporteurs, de compagnies privées de sécurité, d’ateliers de taille, d’assurances, de vendeurs en gros et dans les boutiques du luxe. Il ne se rend pas compte qu’elle commence dans la boue et traverse des fleuves de sang, avant d’arriver dans une vitrine.


La boue dans laquelle se trouve le travailleur qui passe sa vie à chercher la pierre qui va enfin lui apporter la fortune désirée. Il en trouve plusieurs et vend pour une moyenne de 20 dollars quelque chose qui coutera finalement 10 mille dollars au consommateur. Mais en fin de compte il est content, parce que là où il vit les gens gagnent moins de 50 dollars par an, et cinq pierres suffisent pour lui permettre de mener une vie courte et heureuse, vu que les conditions de travail sont les pires possibles.


Les pierres sont remises à des acheteurs non identifiés et immédiatement repassées à des armées non régulières au Libéria, au Congo ou en Angola. Là-bas, un homme est désigné pour se rendre sur une piste d’atterrissage illégale, entouré de gardes armés jusqu’aux dents. Un avion se pose, un homme en costume descend, accompagné d’un autre en général en manches de chemise, avec une petite mallette. Ils se saluent froidement. L’homme aux gardes du corps remet de petits paquets ; peut-être par superstition ; ils sont enveloppés dans des chaussettes usées.


L’homme en manches de chemise retire de sa poche une lentille spéciale, la place sur son œil gauche, et commence à vérifier pièce par pièce. Au bout d’une heure et demie il a déjà une idée du matériel ; alors il retire de sa valise une petite balance électronique de précision, et il vide les chaussettes sur le plateau. Quelques calculs sont faits sur un bout de papier. Le matériel est placé dans la mallette avec la balance, l’homme en costume fait un signe aux gardes armés, et cinq ou six d’entre eux montent dans l’avion. Ils commencent à décharger de grandes caisses, qui sont laissées là, au bord de la piste, pendant que l’avion décolle. Toute l’opération n’a pas duré plus d’une demi-journée.


Les grandes caisses sont ouvertes. A l’intérieur, fusils de précision, mines antipersonnel, balles qui explosent au premier impact, lançant des dizaines de petites boules de métal mortifères. L’armement est livré aux mercenaires et aux soldats, et bientôt le pays se trouve de nouveau confronté à un coup d’état d’une cruauté sans limites. Des tribus entières sont assassinées, des enfants perdent pieds et bras à cause des munitions à fragmentation, des femmes sont violées. Pendant ce temps, très loin de là- en général à Anvers ou à Amsterdam, des hommes sérieux et surs d’eux-mêmes travaillent avec tendresse, dévouement et amour, coupant soigneusement les pierres, s’émerveillant de leur propre habileté, hypnotisés par les étincelles qui commencent à apparaitre sur chacune des nouvelles faces de ce morceau de charbon dont la structure à été transformée par le temps. Diamant coupant le diamant.


Des femmes hurlant de désespoir d’un coté, le ciel couvert de nuages de fumée. De l’autre, de beaux édifices anciens visibles à travers des salons bien éclairés 

Par Aymane
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http://www.mondomix.com/Publish/arrache/1253/resize_arr_bigimage_nuitRamadan.jpgQuelques lettres du coeur, Page 42,43,44

Tariq Ramadan, 20 octobre 2002

 

Tu te souviens encore, à n’en point douter, de cette façon que tes parents avaient d’accueillir le mois de Ramadan. C’était à l’image de tout ce qui concernait la religion d’ailleurs … tout était mêlé, les habitudes, la culture de là-bas, les traditions des anciens et de la famille. Enfant, tu vivais et tu recevais tout, naturellement, sans grand discernement : tu sentais la présence de dieu, tu y croyais, tu pratiquais parfois, sans trop savoir exactement le sens de tout cela, le fondement des principes, le pourquoi ou le comment. Tes parents ont transmis sans grands discours, sans trop d’explications ou de théories. Le Ramadan était un moment particulier, quelque chose changeait, on se privait de manger et de boire, pour Dieu sans l’ombre d’un doute, mais c’était surtout un formidable moment pour la famille. Tout n’était pas clair mais quelque chose de profond t’a été donné. Au delà de tout, le mois de Ramadan est un mois que tu sentais, et que tu sens encore.

 

Aujourd’hui, autour de toi, quelque chose a changé. Hier, tu sentais pourtant, sans explications, qu’une dimension intime accompagnait le jeûne. Dans la simplicité, on essayait de changer, de réformer son comportement, d’être plus généreux, de se rapprocher de Dieu. Malgré les traditions ajoutées, malgré parfois les trop nombreux festins, malgré les excès, la foi se manifestait avec quelque intensité. Tes parents savaient te faire sentir la présence de Dieu.

 

Voilà que l’on cherche désormais à faire de ce mois un simple moment de la convivialité, où l’on festoie, mange du couscous la nuit, avec cette petite «touche» d’atmosphère exotique et orientale qui fait son originalité. Le Ramadan devrait devenir l’expression positive et enjouée de la présence des Orientaux en Europe. Ainsi, ces derniers ajouteraient un divertissement à tous les autres divertissements connus sous nos latitudes … Le pouvoir colonisateur de la culture dominante aurait cette force d’intégrer le mois de jeûne et ses nuits non au creuset de l’effort spirituel de la privation (qui ne serait plus qu’un prétexte) mais plutôt dans la liberté offerte à ces nuits de veilles … Durant le mois de Ramadan, on se retrouve en famille et entre amis pour se laisser aller… vivre la nuit, sortir, discuter autour des cafés, organiser des soirées embuées. Et tant mieux si les «non-musulmans» participent à la fête : le sommet de l’intégration, c’est aussi cette contribution d’orientaliser les Européens, même si, à la vérité, on a quelque peu européanisé «quelque chose» qui nous vient d’Orient. Un mois de Ramadan très «culturel» … une preuve, s’il en est, que la culture dominante ne fait pas de quartier.

 

Tu peux sourire, mais il ne faut pas te tromper. Derrière ces manifestations amicales et «bon enfant», il reste l’idée que la contribution de ta présence est surtout positive dans la fête… tu es accepté si tu sais m’amuser. La société de consommation propose une intégration «new look», une «intégration par le divertissement» : tu vaux par ta capacité à te distraire, à t’oublier … à faire oublier. Est-ce donc cela? A l’heure où ta quête est intérieure, à l’heure où tu te souviens de Dieu, du sens de ta vie, de la réalité de toutes les misères et de toutes les pauvretés… à cette heure donc, tu n’aurais rien d’autre à donner, à partager, que l’oubli de soi. Le mois de Ramadan est une école de la vie où pourtant tu apprends exactement le contraire : ici, tu retrouves le sens de l’effort, tu renoues avec le questionnement des profondeurs de la conscience, tu es, enfin, au-delà de ce que tu as et tu cherches à illuminer ton cœur, près de Dieu, au service de l’humanité.

 

Quelle responsabilité est la tienne ! Si tu savais ! Au cœur de cet Occident, tu es un témoin et un rappel. Pendant le mois de Ramadan, pendant la fête et tout au long de l’année, tu portes une lumière. Quand, autour de toi, tant et tant d’êtres cherchent à oublie pour supporter la vie, se noient dans le bruit, les lumières, les psychédéliques et la nuit, quand être se confond avec consommer, quand le mal-être se cache derrière l’agitation, quand la pauvreté s’est banalisée avec son lot «normal» de sacrifiés … alors ta présence doit exprimer le sens, la spiritualité, la solidarité. Offrir le silence, vivre la prière et la méditation, chercher la paix illuminée de la nuit et, profondément, la transparence du jour. Aux jours des servitudes, devenir le témoin de l’effort, ami de la vraie liberté. Le mois du Ramadan est la quête d’un mois, à vivre toute l’année. Sur la route, tu rencontreras sûrement une femme ou un homme désireux de comprendre et de te questionner : heureux, si tu sais lui montrer que tu es son miroir, rappel de la foi, ami de la dignité

Par Aymane
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Quelques lettres du coeur, Page 37,38,39 - Tariq Ramadan
16 décembre 1998
 
Il y a dans la rupture quelque chose de bon, d’utile, de nécessaire. L’habitude, quand elle s’empare de ton esprit et de ton corps, finit par t’endormir, par t’«émousser», par te faire oublier. C’est une sorte d’ivresse, sans ivresse… qui agit pourtant sur ta lucidité et ta sensibilité. Ce qui est habituel devient lentement, très doucement. «normal» et il arrive souvent que la négligence de la répétition endorme insensiblement la conscience. Insensiblement, dangereusement.

Tu t’habitues vite, très vite… et tu oublies tout aussi vite. Tu es ainsi, comme tous les êtres humains, et inconstant, et négligent, et finalement bien fragile. Le Créateur connaît les secrets de Sa création et, dans Sa bonté, Il a dessiné, pour toi comme pour chacun, les chemins de la persévérance, de la force du cœur et de l’esprit. Au cœur de la tourmente, de la vitesse, de la routine et du rendement, Il nous a enseigné la vertu de s’avoir s’arrêter… faire une pause, un pas en arrière, méditer, évaluer, penser, prier. Seul et habité.

Tu vas à la rencontre d’un moment privilégié et béni de l’année… pendant un mois, un jour après l’autre, Dieu te demande de prendre du temps, de t’approcher, de Sa parole, de Ses signes, de ton cœur fatigué. Ceux qui tu rencontres, en Europe, pensent que le jeûne consiste à se priver… de boire et de manger. Tu sais l’expliquer. Pourtant, à la source de la Révélation et du chemin de ton intimité, tu sais aussi, et tu dois te rappeler, que jeûner, c’est se libérer… de la prison des habitudes, de la consommation, de la vitesse, de la fonctionnalité… de la vie aveugle, où l’on a des yeux qui ne voient pas, où l’on a des oreilles qui n’entendent pas, où l’on a un cœur qui ne comprend pas… qui ne comprend plus. «Ce sont les cœurs, au fond des poitrines, qui deviennent aveugle (…) » (Coran 22/46)

Ma sœur, mon frère, il faut te préparer de toute la force de ton intelligence, de ton affection et de ta foi à accéder à ces moments de la vraie liberté. La liberté n’est pas, comme certains le croient, de faire ce qui te plaît, n’importe quand, n’importe comment, alors que d’autres décident de tes goûts, de tes plaisirs et de ton errance. La liberté, ta liberté, c’est être, être au cœur de ton être, à proximité de ton cœur et de la Lumière. Du profond de ta solitude, voir se dessiner ton chemin. Ta liberté est un don de la proximité. Dieu, Son amour, ta spiritualité.

Prépare-toi, ma sœur, mon frère, à accueillir ce mois de la liberté. Alors que le monde court, s’oublie, s’enivre de boisson, de télévision, d’artifices et de bruits; prépare-toi au silence, au calme, à la lecture, à la prière, à la veillée. Et sans manger, sans boire apprends à mieux observer le monde, à mieux lire les signes. Parle peu, parle moins et vis de ta vie intérieure. Ce changement, cette rupture est un réveil. Le sens du mois de jeûne est dans cet effort. Intime, profond, intense. Apprends à ton cœur à jeûner comme tu l’exiges de ton corps et cherche la Lumière de Sa proximité. Il «répond à l’appel de qui l’appelle quand il L’appelle» (Coran 2/186). Parle Lui, demande Lui… dans le silence, invoque le Très-Haut, durant la nuit, prie, le Très-Rapproché et retrouve la force du sens et de la spiritualité. Peut-être sauras-tu être, seul et entouré, un signe, une lumière… de ces témoins sur la route, que l’on respecte, que l’on aime… que l’on aime si fort… parce qu’ils aiment Dieu, et donnent, donnent sans compter. De leur cœur, de leurs biens; par amour, par fidélité.
Par Aymane
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L’Amer chronique n’avait conscience d’être malade qu’une fois par semaine : le dimanche après-midi. Comme le travail ou la routine lui faisaient défaut pour alléger ses symptômes, il devinait alors que quelque chose ne tournait pas rond – puisque la paix de ces après-midi-là était infernale, que le temps ne passait pas, et que sa constante irritation se manifestait librement.

 

Mais le lundi arrivait, et, même s’il pestait de n’avoir jamais le temps de se reposer et se plaignait que les fins de semaine passent trop vite, l’amer oubliait aussitôt ses symptômes.

 

[Veronika décide de mourir, Paulo Coelho]

Par Aymane
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 " ... Les différences qui existent entre l’homme et la femme ne sont pas dues simplement à la forme particulière des organes génitaux, à la présence de l’utérus, à la gestation, ou au mode d’éducation. Elles viennent d’une cause très profonde, l’imprégnation de l’organisme tout entier par des substances chimiques, produits des glandes sexuelles. C’est l’ignorance de ces faits fondamentaux qui a conduit les promoteurs du féminisme à l’idée que les deux sexes peuvent avoir la même éducation, les mêmes occupations, les mêmes pouvoirs, les mêmes responsabilités. En réalité, la femme est profondément différente de l’homme. Chacune des cellules de son corps porte la marque de son sexe. Il en est de même de ses systèmes organiques, et surtout de son système nerveux. Les lois physiologiques sont aussi inexorables que les lois du monde sidéral. Il est impossible de leur substituer les désirs humains. Nous sommes obligés de les accepter telles qu’elles sont. Les femmes doivent développer leurs aptitudes dans la direction de leur propre nature, sans chercher à imiter les males. Leur rôle dans le progrès de la civilisation est plus élevé que celui des hommes. Il ne fait pas qu’elles l’abandonnent … en effet, le fœtus est fait à la fois des substances nucléaires du père et de la mère. C’est un être d’origine, en partie, étrangère, qui est installé dans le corps de la femme. Pendant toute la grossesse, cette dernière est soumise à cette influence. Parfois elle est comme empoisonnée par le fœtus. Toujours sont état physiologique et psychologique est modifié par lui. On dirait que les femelles, au moins chez les mammifères, n’atteignent leur plein développement qu’après une ou plusieurs grossesses. Les femmes qui n’ont pas d’enfants sont moins équilibrées, plus nerveuses que les autres. En somme, la présence du fœtus, dont les tissus diffèrent des siens par leur jeunesse, et surtout parce qu’ils sont en partie ceux de son mari, agit profondément sur la femme. On méconnait en général, l’importance qu’a pour elle la fonction de la génération. Cette fonction est indispensable à son développement optimum. Aussi est-il absurde de détourner les femmes de la maternité. Il ne faut pas donner aux jeunes filles la même formation intellectuelle, le même genre de vie, le même idéal qu’aux garçons. Les éducateurs doivent prendre en considération les différences organiques et mentales du male et de la femelle, et leur role naturel. Entre les deux sexe, il y a d’irrévocables différences. Il est impératif d’en tenir compte dans la construction du monde civilisé"

L'homme, cet inconnu ; Page 136-137-138 ; Alexis Carrel

Par Aymane
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Tu as certainement déja croisé le regard d'un frere ou d'une soeur qui disait tant de désesperance, en silence, derriere des "al-hamdu-li-llah" pudiques. Tu as ressenti un malaise, comme si ces yeux evoquaient une autre réalité que les mots. Tu as eu envie de t'approcher, de tendre la main, d'offrir une ecoute, une parole reconfortante, mais tu as tourné mille fois ta langue dans ta bouche et rien ne s'est passé.

Quand tu y repenses parfois, tu le regrettes.Tu regrettes de n'avoir pas écouté ton coeur tout simplement, de n'avoir pas été jusqu'au bout de ton premier élan généreux.

Il est si difficile d'oser aller vers celui qui souffre avec dignité, mais qui souvent n'attend qu'une main pour s'agripper, pour ne plus glisser ou s'enfoncer dans ce sombre abime. Comment trouver la distance qui respecte l'autre sans pour autant l'abandonner ?

Sans doute faut il un peu de courage, mais il faut surtout beaucoup d'amour et d'empathie. Aller vers ton frere, vers ta soeur, c'est t'oublier un peu toi meme, c'est recevoir et surtout, surtout, ne pas juger.

Non, les blessures de l'ame ne sont pas le signe d'un manque de foi ! Et c'est d'ailleurs bien souvent que grace à la foi, comme ultime rempart, que certaines personnes restent debout, desespérées mais vivantes, en souffrance mais lucides, dans la douleur, mais remerciant Dieu.

Celui qui se repose sur toi, ne serait-ce qu'un instant, qui te glisse une confidence, un morceau de vie... celui-la mérite, par la confiance qu'il ta offerte, le plus grand des respects. Il doit te rappeler que personne n'est jamais à l'abri d'une epreuve, et la souffrance d'un etre devrait t'amener à remercier Dieu pour ce que tu as et non à condamner l'autre pour ce que tu crois qu'il n'a pas.

Un etre qui sombre dans le desespoir est comme écorché vif, et la moindre des blessures laissera des cicatrices bien difficiles à effacer. Se sentir jugé est insupportable.

Il est vrai qu'essayer de soulager un etre qui souffre nous met face à nos propres limites, face à notre capacité à porter la douleur, dans l humilité. Chacun semble devoir trouver seul les clefs de son équilibre ; mais trouver sur le chemin une personne de coeur qui, par une simple attention, si petite soit elle, essaie d'accompagner, de tout simplement faire le bien... C'est une pause dans le combat, c'est une facon de retrouver un peu de force, d'énergie.

Cher frere, chere soeur, notre fraternité est exigeante et j'aimerais t'exprimer une esperance ; si tu croises, un jour, un regard plein de tristesse... puisses-tu te rappeler la misericorde de Dieu et t'arreter. A proximité de cette souffrance, il n'y a pas de temps à perdre, uniquement de l'amour à donner, à gagner. Avec Dieu, pour notre humanité.

Quelques lettre du coeur, Page 70,71 - Tariq Ramadan

Par Aymane
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" ... Le corps humain se trouve, sur l’échelle des grandeurs à mi-chemin entre l’atome et l’étoile. Suivant les objets auxquels on le compare, il apparait grand ou petit. Sa longueur est équivalente à celle de deux cent mille cellules des tissus, ou de deux millions de microbes ordinaires, ou de deux milliards de molécules d’albumine placées bout à bout. Par rapport à un atome d’hydrogène, il est d’une grandeur impossible à imaginer. Mais, comparé à une montagne, ou à la terre, il devient minuscule. Pour égaler la hauteur du mont Everest, il faudrait placer, debout les uns sur les autres plus de quatre mille hommes. Le méridien terrestre équivaut approximativement à vingt millions de corps humains disposés les uns à la suite des autres. On sait que la lumière parcourt en une seconde environ cent cinquante millions de fois la longueur de notre corps, et que les distances interstellaires se mesurent en années de lumière. Aussi notre stature, rapportée à ce système de références devient-elle d’une inconcevable petitesse. C’est pourquoi les astronomes Eddington et Jeans, dans leurs ouvrages de vulgarisation, réussissent-ils toujours à impressionner leurs lecteurs en leur montrant la parfaite insignifiance de l’homme dans l’univers. En réalité, notre grandeur ou notre petitesse spatiale n’ont aucune importance. Car ce qui est spécifique de nous-mêmes ne possède pas de dimensions physiques. La place que nous occupons dans le monde ne dépend certainement pas de notre volume."

L'homme, cet inconnu ; Page 100-101 ; Alexis Carrel
Par Aymane
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http://a7.idata.over-blog.com/493x277/1/42/11/78/pil-ne-temp-te-2009.jpg" ... La civilisation moderne se trouve en mauvaise posture parcequ’elle ne nous convient pas. Elle a été construite sans connaissance de notre vraie nature. Elle est due au caprice des découvertes scientifiques, des appétits des hommes, de leurs illusions, de leurs théories, et de leurs désirs. Quoiqu’édifiée par nous, elle n'est pas faite à notre mesure. 


En effet, il est évident que la science n'a suivi aucun plan. Elle s'est développée au hasard de la naissance de quelques hommes de génie, de la forme de leur esprit, et de la route que prit leur curiosité. Elle ne fut nullement inspirée par le désir d’améliorer l’état des êtres humains. Les découvertes se produisirent au gré des intuitions des savants et des circonstances plus ou moins fortuites de leur carrière. Si Galilée, Newton, ou Lavoisier avaient appliqué la puissance de leur esprit à l’étude du corps et de la conscience, peut-être notre monde serait-il différent de ce qu'il est aujourd'hui. Les hommes de science ignorent où ils vont. Ils sont guidés par le hasard, par des raisonnements subtils, par une sorte de clairvoyance. Chacun d'eux est un monde à part, gouverné par ses propres lois. De temps en temps, des choses, obscures pour les autres, deviennent claires pour eux. En général, les découvertes sont faites sans aucune prévision de leurs conséquences. Mais ce sont ces conséquences qui ont donné sa forme à notre civilisation. 

Parmi les richesses des découvertes scientifiques, nous avons fait un choix. Et ce choix n’a nullement été déterminé par la considération d’un intérêt supérieur de l’humanité. Il a suivi simplement la pente de nos tendances naturelles. Ce sont les principes de la plus grande commodité et du moindre effort, le plaisir que nous donnent la vitesse, le changement et le confort, et aussi le besoin de nous échapper de nous-mêmes, qui ont fait le succès des inventions nouvelles. Mais personne ne s'est demandé comment les êtres humains supporteraient l’accélération énorme du rythme de la vie produite par les transports rapides, le télégraphe, le téléphone, les machines qui écrivent, calculent, et font tous les lents travaux domestiques d’autrefois, et par les techniques modernes des affaires. L’adoption universelle de l’avion, de l’automobile, du cinéma, du téléphone, de la radio, et bientôt de la télévision, est due à une tendance aussi naturelle que celle qui, au fond de la nuit des âges, a déterminé l’usage de l’alcool. Le chauffage des maisons à la vapeur, l’éclairage électrique, les ascenseurs, la morale biologique, les manipulations chimiques des denrées alimentaires ont été acceptés uniquement parce que que ces innovations étaient agréables et commodes. Mais leur effet probable sur les êtres humains n'a pas été pris en considération. 

Dans l'organisation du travail industriel, l’influence de l’usine sur l’état physiologique et mental des ouvriers a été complètement négligée. L’industrie moderne est basée sur la conception de la production maximum au plus bas prix possible afin qu’un individu ou un groupe d’individus gagnent le plus d’argent possible. Elle s’est développée sans idée de la nature vraie des êtres humains qui conduisent les machines et sans préoccupation de ce que produit sur eux et sur leur descendance la vie artificielle imposée par l’usine. La construction des grandes villes s’est faite sans plus d'égards pour nous. La forme et les dimensions des bâtiments modernes ont été inspirées par la nécessité d'obtenir le revenu maximum par mètre carré du terrain, et d’offrir aux locataires des bureaux et des logements qui leur plaisent. On est arrivé ainsi à la construction des maisons géantes qui accumulent en un espace restreint des masses beaucoup trop considérables d'individus. Ceux-ci y habitent avec plaisir, car jouissant du confort et du luxe ils ne s’aperçoivent pas qu'ils sont privés du nécessaire. La ville moderne se compose de ces habitations monstrueuses et de rues obscures, pleines d’air pollué par les fumées, les poussières, les vapeurs d’essence et les produits de sa combustion, déchirées par le fracas des camions et des tramways, et encombrées sans cesse par une grande foule. Il est évident qu’elle n’a pas été construite pour le bien de ses habitants. 

Notre vie est influencée dans une très large mesure par les journaux. La publicité est faite uniquement dans l’intérêt des producteurs, et jamais des consommateurs. Par exemple, on a fait croire au public que le pain blanc est supérieur au brun. La farine a été blutée de façon de plus en plus complète et privée ainsi de ses principes les plus utiles. Mais elle se conserve mieux, et le pain se fait plus facilement. Les meuniers et les boulangers gagnent plus d’argent. Les consommateurs mangent sans s’en douter un produit inférieur. Et dans tous les pays où le pain est la partie principale de l’alimentation, les populations dégénèrent. Des sommes énormes sont dépensées pour la publicité commerciale. Aussi des quantités de produits alimentaires et pharmaceutiques, inutiles, et souvent nuisibles, sont-ils devenus une nécessité pour les hommes civilisés. C'est ainsi que l’avidité des individus assez habiles pour diriger le goût des masses populaires vers les produits qu’ils ont à vendre, joue un rôle capital dans notre civilisation. Cependant, les influences qui agissent sur notre mode de vie n’ont pas toujours une telle origine. Souvent, au lieu de s’exercer dans l’intérêt financier d’individus ou de groupes d’individus, elles ont réellement pour but l’avantage général. Mais leur effet peut aussi être nuisible, si ceux dont elles émanent, quoique honnêtes, ont une conception fausse ou incomplète de l’être humain."


L’homme cet inconnu, page 54, 55, 56, 57, Alexis Carrel

Par Aymane
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L'Epreuve de la foi : Doute et Confiance :

 

".... Abraham , déja très agé et qui vient juste d'acceuilir son enfant à la vie , doit subir l'épreuve de la séparation et de l'abondon qui mèneront hajar et son fils aux abord de la detresse et de la mort . Sa foi est " confiance en dieu " : il entend ( comme d'ailleurs hajar ) l'ordre de dieu , il y répond malgré l'épreuve et la souffrance et ne cesse d'invoquer dieu et de s'en remettre à lui .

 

Hajar questionna abraham sur les motifs d'un tel comportement et , découvrant qui s'agit d'un commandements de Dieu , elle s'y soumet volontairement. elle s'enquiert , fait confiance puis accepte . En agissant ainsi , elle détérmine les etapes d'une " acceptation" active et profonde de la volonté de dieu : questionner avec son ésprit , comprendre avec son intelligence et se soumettre avec son coeur. Au-delà de ses déchirements humains et par la nature de ses dérniers , Abraham entretient et développe , au fil de ses épreuves , un rapport de fidélité, de réconciliation, de paix et de confiance avec Dieu. Celui ci l'éprouve , mais il ne cesse de lui parler , de l'inspirer et de jalonner sa route de signe qui l'apaise et le rassurent .


Quelques années après l'abondon dans le désert, Abraham devra vivre avec une autre épreuve, puisque Dieu lui a demandé de sacrifier son premier-né ismael . le coran rapporte cette histoire en ces termes :

 

Nous lui avons alors annoncé ( à Abraham ) une bonne nouvelle : la naissance d'un garçon , doux de caractère . lorsqu'il fut à l'age d'accompagner son père , celui ci dit '' O mon fils ! je me suis vu en songe , je t'immolais ; qu'y vois tu donc ? '' il dit '' O mon père ! faits ce qui t'est ordonné . tu me trouveras patient si dieu le veut ! Après que tous les deux se furent soumis, et qu'Abraham eut placé son fils le front à terre , nous l'appelames " O Abraham ! tu as cru en cette vision et tu l'as réalisée ; c'est ainsi que nous récompensons ceux qui font le bien : voilà l'épreuve concluante ". nous avons racheté son fils par un sacrifice solennel . nous avons pérpétué son souvenir dans la postérité : paix sur abraham

 

فلما بلغ معه السعي قال يا بني إني أرى في المنام أني أذبحك فانظر ماذا ترى قال يا أبت افعل ما تؤمر ستجدني إن شاء الله من الصابرين فلما أسلما وتله للجبين وناديناه أن يا إبراهيم قد صدقت الرؤيا إنا كذلك نجزي المحسنين إن هذا لهو البلاء المبين وفديناه بذبح عظيم

 

L'épreuve est terrible : au non de son amour et de sa foi en Dieu , Abraham doit sacrifier son fils , maitriser et dépasser son amour de père. l'épreuve de la foi s'exprime ici dans cette tension entre les deux amours . c'est pourtant son fils , object du sacrifice , qui le réconforte et l'accompagne comme un signe et une confirmation lorsqu'il lui murmure : " O mon père fais ce qui t'est ordonné . Tu me trouveras patient , si Dieu le veut !" ... Hajar , il trouve en autrui des signes qui lui permettent de faire face à l'épreuve . Ces signes , expression de la présence du divin au coeur de l'épreuve , ont une fonction fondamentale dans l'éxpérience de la foi et façonnent le mode d'etre avec soi et avec Dieu . Lorsque Dieu fait subir une épreuve terrible à son envoyé et qu'il accompagne cette dérnière de signes de sa présence et son soutien, il l'éduque dans la fois et lui impose une double attitude . Abraham doute de soi , de sa force , de sa foi à l'instant meme ou les signes l'empechent de douter de Dieu ... L'épreuve de la fois , accompagnée des signes de la présence du divin , et donc une école de l'humanité et de la reconnaissance du créateur . Abraham subit l'épreuve et est tenté par un profond doute quant à soi , sa foi , la véracité de ce qu'il entend et comprend . les inspirations , les confirmations de sa femme comme de son fils ( qu'il aime et qu'il sacrifie au nom de l'amour divin ) , lui permettent : de ne point douter de dieu , de sa présence et de sa bonté . le doute " quant à soi " se marie à la profonde " quant à lui " .

 

Extrait du livre : MUHAMMED vie du prophète ( Tariq Ramadan ) P17-19

Par Aymane
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http://i51.tinypic.com/ebc3mc.jpg  La conception humaniste de l’éducation, en effet, veut que l’on garantisse aux enfants l’environnement le plus riche et le plus stimulant qui soit, laissant libre cours à l’impulsion créatrice : une école bien conçue devrait en donner les moyens … un de mes amis proches, venu d’Europe à l’age de quinze ans, s’était inscrit dans un lycée américain à New york. D’emblée, il a été frappé de voir que, s’il arrivait à l’école avec trois minutes de retard, il devait se présenter devant le proviseur pour recevoir une sanction. En revanche, s’il ne faisait pas ses devoirs intelligemment, s’il n’était ni créatif ni original, il ne figurait pas au tableau d’honneur mais au moins, il n’était pas convoqué dans le bureau du proviseur. Ponctualité et obéissance : telles étaient les valeurs qui devaient être inculquées.


L’originalité ou le talent, c’était bien beau, mais à l’évidence, ce n’était pas primordial.


 Un modèle éducatif qui promeut des valeurs telles que la ponctualité et l’obéissance est parfaitement adapté à la formation d’ouvriers, d’outils de production. Il ne l’est pas du tout à la formation humaniste d’individus créatifs et indépendants. Cela nous renvoie, une fois de plus, à certains présupposés sur la nature humaine, sur les forces sociales et sur les pratiques éducatives qui accordent aux capacités humaines la place qu’elles méritent

 

Pour une éducation humaniste, Noam Chomsky, Page 27, Edition L'Herne

Par Aymane
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http://i42.tinypic.com/1zlqiok.jpgLe guerrier de la lumière fait attention aux petites choses, parce qu’elles peuvent causer beaucoup de mal. Une épine, aussi petite soit-elle, oblige le voyageur à interrompre sa marche. Une cellule microscopique peut détruire un organisme sain. La réminiscence d’un instant de peur réveille chaque matin la couardise. Une fraction de seconde d’inattention suffit pour que l’ennemi assène un coup fatal .Le guerrier est attentif aux petites choses. Parfois il est dur avec lui-même, mais il préfère agir ainsi.«Le diable réside dans les détails», dit un vieux proverbe de la Tradition.


Manuel du Guerrier de la Lumière - Paulo Coelho | p.73

 

 

Par Aymane
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http://i41.tinypic.com/1z4lj5t.jpgQuand Hamid rentre du travail, il est heureux de retrouver sa famille, mais il souhaite un temps de répit pour pouvoir se détacher des problèmes de la journée. Hamila a eu aussi une dure journée mais, pour s’en détacher, elle a besoin de la raconter en détail. En son for intérieur, Hamid trouve que Halima trop bavarde et cela se reflète sur son visage. Halima lui reproche alors d’être trop distant. Et c’est parti pour une autre dispute ! ce retranchement de l’homme est bénéfique pour la femme tant qu’il est une source de construction, et non pas une fuite de ses responsabilités.

Pour récupérer, Hamid aime aller dans son bureau pour se détendre seul face à son ordinateur. Halima se sent alors rejetée. Elle préférait que son mari se confie davantage. Or, attendre d’un homme retranché dans ses pensées qu’il resurgisse à la surface du dialogue suite à la plainte de son épouse, c’est aussi invraisemblable que de penser qu’une femme vexée et énervée pourra se calmer en un éclair et avoir de suite un discours sensé et objectif. Cela me rappelle le conseil d’une mère amérindienne à sa tout juste mariée : « Lorsque l’homme se retranche dans sa caverne, il ne faut pas le déranger, ni s’approcher de l’entrée, sinon le dragon sort et te brule »

Au lieu de rester poster comme un vigile devant la porte, durant ces moments de retrait typiquement masculin,  la femme doit alors profiter de ce temps qu’il lui est imparti pour réaliser les différentes affaires qu’elle n’a pas pu réaliser dans la journée … ou alors choisir d’utiliser ces quelques instants pour s’avancer sur son programme du lendemain … ce qui lui permettra d’avoir une journée moins chargée le lendemain. Et puis pourquoi ne pas revêtir une jolie robe parfumée pour accueillir son mari fraichement sorti de sa cachette, l’esprit enfin libre de ses soucis quotidiens ?

La cachette en question n’est pas forcement une pièce ou un lieu, cela peut être une activité ou une inactivité. Mais ce qu’il faut savoir c’est que, même si vous ne l’avez pas dérangé lorsqu’il était en position retranchée, il n’est pas question de le lui reprocher une fois sorti, sinon vous perdriez fout le bénéfice de votre attente. Il en va de l’imagination de chacune, chaque femme à sa guise choisira l’activité qui la fera patienter avec plaisir. En ayant discuté même avoué qu’elles finissaient par oublier que leur mari s’était retranché jusqu'à ce qu’il ressorte ! car elles avaient appris à ne plus être dépendantes de cette situation en la maitrisant et la retournât à leur avantage.    

Extrait de « ils se marièrent et eurent beaucoup de … surprises » | Page 42 – 43 | Myriam Lakhdar-Bounamcha

Par Aymane
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http://i41.tinypic.com/33omn47.jpgالمؤمن إنسان متميز، يري ما لا يراه الآخرون، و يشعر بما لا يشعرون، يتمتع بوعي عميق، و إدراك دقيق، له قلب كبير، و عزم  متين، و إرادة صلبة، هدفه أكبر من حاجاته، و رسالته أسمى من رغباته، يملك نفسه و لا تملكه، يقود هواه و لا ينقاد له، تحكمه القيم و يحتكم إليها، من دون أن يسخرها إلى مصالحه، أو يسخر منها، سما حتى اشرأبت إليه الأعناق، و صفا حتى مالت إليه القلوب

محمد راتب النابلسي - تأملات في الأسلام


Par Aymane
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http://i41.tinypic.com/15s3fbo.jpg   Bien que je sois passé par tout ce par quoi je suis passé, je ne regrette pas les problèmes dans lesquels je me suis engagé, car ce sont eux qui m’ont mené là où je voulais arriver. Maintenant, à l’approche de la mort, tout ce que je possède est cette épée, et je la remets à celui qui désire suivre son pèlerinage.

  J’emporte avec moi les marques et les cicatrices des combats ... ce sont les témoignages de ce que j’ai vécu et les récompenses de ce que j’ai conquis. Ce sont ces marques et ces cicatrices chéries qui m’ouvriront les portes du Paradis. Il y eut une époque où je passais ma vie à écouter des histoires de bravoure. Il y eut une époque où je vivais seulement parce qu’avais besoin de vivre. Mais maintenant je vis parce que je suis un guerrier, et parce que je veux rejoindre un jour la compagnie de Celui pour qui j’ai tant lutté
.

Manuel du Guerrier de la Lumière - Paulo Coelho | p.39
Par Aymane
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http://img403.imageshack.us/img403/9439/allah49ab9.jpgالله، جل جلاله، الذات الكاملة، واجب الوجود، صاحب الأسماء الحسنى، و الصفات الفضلى، واحد أحد، في ذاته، و في أفعاله، و في صفاته، خالق كل شيء، رب العالمين، لا إله إلا هو، لا يدرك بالحواس، ولا يقاس بالناس، فوق كل شيء، و ليس فوقه شيء، ليس كمثله شي، و هو السميع البصير، ليس بجسم، و لا صورة، ولا محدود، ولا متبعض، ولا متجزأ، ولا متناه، ولا متلون، وهو منزه عن الزمان و المكان، و كل ما خطر ببالك فالله خلاف ذلك


علم ما كان، وعلم ما يكون، وعلم ما سيكون، وعلم ما لم يكن لو كان كيف كان يكون،   لا يخفى عليه إغماض الجفون، ولا لحظ العيون، و لا ما استقر في المكنون، يحتاجه كل شيء، في كل شيء، و هو غني عن كل شيء، لأنه متصف بالكمال التام، في كل شيء، فلم يسبق وجوده عدم، ولم يلحق به فناء، وهو غني عن أن يمده بالبقاء، أو النفع، أحد، ذلكم الله ربكم، خالق كل شيء، لا إله إلاهو، فأنى تؤفكون

محمد راتب النابلسي - تأملات في الأسلام
Par Aymane
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      Nous sommes nombreux dans le monde occidental à avoir été programmés depuis notre plus jeune âge à les – nos rôles - considérer comme différents compartiments de la vie. A l’école, nous suivons des cours différents. Nous avons un 20 en sciences naturels et un 10 en histoire et il ne nous vient jamais à l‘esprit qu’il puisse y avoir un lien entre les deux.

    Nous considérons notre rôle au bureau comme complètement différent de notre rôle à la maison, et aucun de ces deux-là comme ayant un lien quelconque avec d’autres rôles que nous pouvons avoir : épanouissement personnel ou nous rendre utile aux autres.
Le résultat, c’est que nous pensons en termes d’alternative et sommes seulement capables de nous focaliser soit sur un rôle soit sur un autre.

Ce cloisonnement se traduit dans notre personnalité. Ce que nous sommes au bureau est d’une certaine manière différent de ce que nous sommes à la maison. Ce que nous faisons dans notre vie privée est sans lien avec notre vie publique.

Dans The Unschooled Mind, Howard Gardner montre l’impact du cloisonnement de la pensée. Les gens diplômés universitaires obtiennent le bon résultat tant qu’ils restent dans leur domaine. Mais fautes-leur passer un test dans lequel les données et la situation changent, et ils ne vont pas seulement s’y prendre mal – ils vont sécher. Ils n’y arrivent pas. Ils ne peuvent pas franchir les barrières de la pensée.

 Le problème, c’est la manière dont nous envisageons le problème. Ce cloisonnement est fondé sur l’illusion et essayer de vivre une illusion extrêmement pénible.

Tous ces rôles font partir d’un ensemble largement interdépendant, un écosystème vivant dont chaque élément agit sur tous les autres.

« Un homme ne peut pas bien faitre dans un domaine de sa vie tandis qu’il s’acharne à mal faire dans un autre. La vie est un tout indivisible »Ghandi

Ce principe holistique constitue l’un des fondements de la sagesse orientale, où l’équilibre est considéré comme essentiel à la vie et à la santé

« Nous [dans le monde occidental] avons inventé l’idée selon laquelle la biologie, la physique, la psychologie et la psychiatrie, sont des sciences séparées. Si ce qui nous intéresse c’est la santé, et que nous prenions en considérations seulement les échanges chimiques, ou l’état mental du malade , nous n’obtiendrons qu’un aperçu imparfait . le patient qui est assis devant moi apporte avec lui – ou avec elle – non seulement des échanges chimiques, mais aussi bien sa famille, ses relations, ses émotions et sa personnalité. lorsque, dans un hôpital, nous faisons une distinction entre le corps et l’esprit , nous créons des abstractions. Le patient est toujours une personne entière et pour l’(aider à aller mieux , l’idéal serait de pouvoir traiter tous ces aspects différents – l’équilibre de la vie d’un individu »
David Eisenberg

Une ancienne sagesse occidentale a exprimé l’essence de ce paradigme d’équilibre holistique :

« tu crois que parce que tu comprends un , tu dois comprendre deux , puisque Un et Un font Deux. Mais tu dois aussi comprendre Et »

 Lorsque nous essayons d’appliquer ce paradigme à notre cas personnel, nous réalisons que l’équilibre dans notre vie, ce n’est pas de courir d’un compartiment à un autre. Il s’agit d’un équilibre dynamique entre des éléments qui fonctionnent tous en synergie et forment un tout extrêmement interdépendant. L’équilibre, n’est pas dans le Ou , il est dans le ET.

Priorité aux priorités, Stephen covey, pages 151 – 152 , first éditons
Par Aymane
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{ ... Ce fut le chaos, et non la civilisation, qu'il découvrit dans cette Europe où les ruptures allaient s'aggravant en fonction des deux facteurs de plus en plus prépondérants : la rapidité du développement scientifique et l'expansion coloniale. Ces deux facteurs – scientisme et colonialisme – se conjuguaient pour devenir "Fatalité" de l'Europe tout comme la théologie était devenue la "fatalité" de la société post-almohadienne.

Sous leur influence, le glissement de l'Europe au matérialisme ne pouvait que s'accélérer avec l'essor d'une science prodigieusement novatrice. Le fossé entre cette science bouleversante et la conscience traditionnelle bouleversée se creusait à chaque invention, à chaque découverte. Cette conscience qui, dès la fin du XVIIIème siècle, s'était inclinée devant la Déesse-science, était au début du XXème siècle définitivement submergée par une véritable inondation scientifique qui déposait dans la psychologie européenne le limon dans lequel la plante robuste de l'esprit cartésien proliféra jusqu'à se changer parfois en un cartésianisme dangereux. Le "Moi" européen, grisé par les forces nouvelles qu'il avait libérées, se laissait fasciner par son propre génie.

Mais il avait en fait joué le rôle de l'apprenti-sorcier. La machine qu'il avait créée mais qu'il ne savait pas dominer allait bientôt le diriger de son cerveau mécanique, l'avaler dans ses entrailles de fer. La réalité devenait chiffrable, et le bonheur mesurable en quantité, du ''quantitatisme" dans les consciences. C'était aussi l'ère du relativisme moral d'un début de siècle qui eut pour maxime le fameux "Tout est relatif" … on n'avait plus le sens de ''l'absolu'' ; le mot lui-même était devenu équivoque, mot mort qui ne signifiait-plus rien parce que le XXème siècle, positiviste comme un cerveau de machine, ne comprenait plus ce qui dépassait les perspectives "relatives" de la matière. Le sens de ''l'absolu'' était mort de la façon dont mourut le concept de ''Justice" le jour où en Europe quelqu'un déclara qu'"un mauvais arrangement vaut mieux qu'un bon procès". La vie économique elle-même devint ce qu'elle est, le jour où un homme osa affirmer que "le commerce est un vol autorisé". Et c'est ainsi que l'Europe quantitatiste et relativiste a tué bon nombre de concepts moraux en leur arrachant leurs titres de noblesse, en les transformant en parias et en intouchables langage, en bannis de l'usage et de la conscience ; et les dictionnaires sont parfois devenus les cimetières de mots qui ne disent plus rien parce qu'ils répondent à des concepts sans vie.

En Europe, le quantitatisme s'aggrave en fonction du coefficient multiplicateur que représente la puissance technique à l'échelle d'une industrie tentaculaire qui décuple et centuple l'appétit matériel de l'homme. Il marque la vocation de l'enfant, qui ne choisit plus sa voie pour ce qu'elle donne à la société, mais pour ce qu'elle prend à la société. On cherche à obtenir une sinécure et non satisfaire une vocation, ce qui est une excellente préparation pour le futur administrateur de colonies, puisque ce fonctionnaire n'a même plus besoin de conserver le relatif "quant-à-soi" qui, dans son pays d'origine, l'empêcherait d'aller jusqu'au bout de son relativisme moral.

 Sur le plan colonial, la morale relativiste trouve d'ailleurs un excellent prétexte qui se nomme "Souveraineté nationale" : et le masque du "quant-à-soi" tombe, comme un fard qui fondrait au soleil colonial, dans l'atmosphère surchauffée par les appétits déchainés et les instincts débridés : on désire, on prend.

A l'intérieur de l'Europe elle-même, on finit par s'acclimater à ce qu'on importe de la vie coloniale, en fait d'habitudes, de gouts et d'idées ; les vocations ne répondent plus à un "pourquoi'' ou à un ''comment", mais à un seul ''combien", ce qu'hypocritement on s'efforce tout d'abord de camoufler sous plus ou moins de rhétorique. Mais cette rhétorique finit elle-même par disparaître : le chat s'appelle chat et le million se nome million. Toutes les articulations sociales deviennent numériques : on "rend" tant, on paie tant, on achète tant et on mange tant, la vue roule uniquement sur le "combien". Dans la société technique et mécanique qui s'est édifiée en Europe depuis 1900, le chiffre est roi et la statistique sans réplique. La nature humaine – c'est-à-dire la conscience elle-même – n'entre pas en ligne de compte, comme tout ce qui ne se dénombre ni se quantifie. La condition humaine devient une simple fonction numérique. Les machines pointent, calculent et entrainent l'homme au travail dans leurs engrenages d'acier. La fameuse ''loi d'airain" de Lassalle domine tout le destin de l'homme, modèle sa chair et ses nerfs et en fait un robot. Ce qui est le plus humain, c'est que besoin de l'homme. Mais ici, le besoin est déshumanisé, commercialisé : il n'est conçu et admis que dans la mesure où il est solvable. Les besoins généraux de l'humanité, et plus particulièrement ceux de la "veuve et de l'orphelin", des vieillards, des malades, ne sont pas solvables et les machines ne font ni calcul ni estimation métaphysique.

L'automatisme est admirable : les machines tournent, les colonies fournissent matières premières et main-d'œuvre à bon marché, les usines transforment, les consommateurs qui peuvent payer consomment, les machines calculent les barèmes, établissent les dividendes, les salaires et les horaires, l'automatisme est admirable … à la condition, bien entendu, qu'il n'y ait pas un seul grain de sable dans le moteur.

Or, dans la machine moderne, il y en avait plus d'un. En 1914, les engrenages eurent un crissement sinistre. Les sources de matières premières n'étant plus suffisantes, il y avait des moteurs qui tournaient à vide ou qui ne travaillaient pas à leur régime normal, c'est-à-dire à l'échelle d'une avidité et d'une voracité insatiables. Dans la machinerie, la bagarre éclata entre les machinistes. Après quatre années de destructions et des millions de morts, un précaire modus vivendi s'établit et les moteurs, relancés, tournèrent rond. Dans les consciences grisées par l'argent et le champagne, la rupture 1914-1918 ne laissa aucun souvenir et la prospérité apparente masqua momentanément la réalité.

Cependant dès 1930, on entend un nouveau crissement dans les engrenages. Cette fois- ci , la crise va mettre à nu le chancre moral qui dévore la civilisation et prouver l'impuissance de la technique à résoudre seule, par des graphiques et des équations, le problème humain. Les machines s'arrêtent de tourner, de pointer, de calculer horaires et dividendes. Les queues s'allongent devant les caisses de chômage et la misère s'installe dans les foyers. Mais une tragique ironie plane sur cette misère, qui , pour la première fois dans l'histoire, n'est pas due à la rareté des richesses, mais à leur surabondance. C'est le trait de génie du XXème siècle d'avoir scientifiquement transformé les conditions du bien-être en facteurs de misère. Où est le mal ? dans un excédent de la courbe de production sur celle de la consommation ? jeu d'enfant ? pour des techniciens qui savent rectifier les calculs et ramener les courbes à des échelles données, la solution est arithmétique : il faut détruire le surplus. Rien de plus simple … et l'on détruisit du blé, du coton, du café, cependant que certains peuples en manquaient totalement. Et la civilisation qui avait inventé le malthusianisme entreprit d'y soumettre non plus les consommateurs mais les biens de consommation.

Il n'y eut aucune autorité spirituelle pour dénoncer le scandale. Ceux qui pouvaient sauver l'Europe de son chaos économique n'avaient pas de besoins solvables : les peuples coloniaux qui étaient nus et avaient faim ne pouvaient rien acheter parce qu'en les considérant comme simple outils de travail, on n'en tenait pas compte des consommateurs.

 Le système qui engendra le chaos en Europe est à la fois scientiste et colonialiste. Il pense, en Europe, grace au "lobe de la science", et dans le monde, grace au "lobe du colonialisme". Mais à partir de la crise de 1930, les deux lobes vont se confondre et le monstre atteindra sa plénitude. Dans la genèse du phénomène, l'incendie de 1939 n'est qu'un retour de la flamme : moment où Machiavel se retourne sur lui-même, où Satan détruit son œuvre. C'est l'instant où le destin souffle dans la voile humaine, déployée pour que oracles s'accomplissent. Le prophète sociologue Mohammad dit en effet : "Quiconque creuse un puits sous les pieds de son prochain y tombera lui-même". Et craignant d'avantage pour une nation , l'injustice qu'elle commet que l'injustice qu'elle subit, il ajoute : "Le pouvoir même des incroyants peut durer s'il est juste, mais le pouvoir des croyants périt surement s'il est injuste"

L'histoire de notre époque illustre tragiquement ces oracles. L'Europe qui devait éclairer la marche de l'humanité a fait du flambeau de la civilisation une simple torche incendiaire. A la lueur du feu qu'elle a mis au monde colonisé et qui s'est retournée sur ses propres terres, on y voit régner le même chaos que celui qu'elle a semé dans le reste du monde, la même désorientation, le même fatalisme devant les puissances maléfiques de la mythologie.

Car l'Europe cartésienne est savante, industrialisée, organisée et taylorisée, a ses mythes. Mythes inhibiteurs, mais d'une autre façon que ceux de la société post-almohadienne : si la paralysie du monde musulman est apathique et aphone , la paralysie européenne est au contraire convulsive et hurlante. Les mythes européens sont infiniment plus dangereux parce que qu'ils détiennent la puissance de la machine, celle de la matière, et qu'ils risquent ainsi de tout détruire scientifiquement, de bikiniser les pays et les peuples.}


Pages 112 , 113 , 114 , 115 , Le chaos du monde occidental , Vocation de l'islam , Malek Bennabi
Par Aymane
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{ Toute action réelle entretient un rapport direct avec la pensée, et toute absence de ce rapport implique une action aveugle, incohérente, quelque chose comme un effort sans motif. Quand la pensée est déficiente ou absence, l'action est insuffisante ou impossible : on est alors entrainé vers une appréciation subjective des faits, dont on trahit la nature et l'importance par surestimation ou par sous-estimation.

Ces deux modes de trahison se présentent dans le monde musulman moderne sous la forme de deux psychoses de sens inverse : celle de la "Chose facile" qui conduit à l'action aveugle, et celle de la "Chose impossible", qui paralyse l'action comme il arrive fréquemment en Afrique du nord … Cette dernière psychose se fonde sur trois axiomes qu'il est à peine nécessaire de rappeler :

- Nous ne pouvons rien faire, parce que nous sommes ignorants
- Nous ne pouvons accomplir cela, parce que nous sommes pauvres
- Nous ne pouvons envisager cette œuvre, parce qu'il y a le colonialisme.

Ces trois refrains sont monnaie courante. Des gens de bonne foi expliquent ainsi leur impuissance. Mais les charlatans s'en servent aussi pour justifier leurs lucratives entreprises de mystification, sous le regard complaisant du colonialisme. Le moindre effort d'investigation ne manquerait cependant pas de déchirer le voile des apparences inhibitrices, pour ne laisser apparaître, derrière les "vérités" en question, rien d'autre que des mythes. Il suffirait de confronter les "impossibilités" supposés aux réalités concrètes, aux véritables données du problème.

a) Nous sommes ignorants – c'est un fait, et c'est un fait qui découle du colonialisme. Mais que font les cadres instruits qui existent déjà ? que font-ils de leur instruction comme moyen élémentaire et immédiat contre l'analphabétisme général ? on a vu sous l'occupation allemande, les intellectuels israélites se préoccuper de ce qu'une élite peut faire de son simple savoir pour son peuple, même sous la plus étroite surveillance. Il y a bien peu de musulmans, pharmaciens, docteurs ou professeurs, qui songent – en Algérie et en dehors de leur profession – à l'éducation populaire. Bien entendu, sur le plan électoral, l'élite musulmane n'a pas manqué de réclamer l'augmentation du nombre des écoles.

Mais à quoi bon multiplier les écoles tant qu'on n'a pas "amélioré" les enseignements ? en multipliant la nullité, on n'obtiendra jamais autre chose que la nullité. Si l'individu instruit est lui-même inefficace, si son instruction est sans efficience sociale, le mythe de l'ignorance est un mythe dangereux car il voile, sous le problème de l'homme analphabète, le problème le plus profond de l'homme post-almohadien qu'il soit ignorant ou instruit.

b) Le mythe de la '' Pauvreté '' n'est pas moins dangereux. Il suffit de considérer l'efficacité sociale des moyens financiers du musulman riche. Malgré sa fortune, la bourgeoisie musulmane est encore plus inopérante que la classe pauvre. Il n'y a pas beaucoup de riches musulmans qui aient le souci de la formation intellectuelle ou technique d'un enfant du peuple, qui aient soutenu personnellement, spontanément, une œuvre d'utilité publique, et qui aient dans un tel but diminué leur train de vie. Cette carence n'est d'ailleurs pas particulière à l'individu, on la retrouve au niveau des organisations dites culturelles – qui ne renonceraient pas à certains frais parfaitement superflus, pour encourager et aider la culture. C'est une course à la dépense inutile. Il semble d'ailleurs qu'en ce domaine, le pauvre n'ait rien à envier du riche. On peut, en effet, vérifier n'importe où l'usage des pauvres que les ''pauvres" font de leur argent. J'ai eu récemment l'occasion de le constater une fois de plus dans une petite ville de constantinois où la seule œuvre d'utilité publique, une médersa, équilibre très péniblement un modeste budget de six cent mille francs. Or , une estimation globale faite sur les lieux m'a permis de me rendre compte que "les pauvres" – qui sont d'ailleurs réellement – avaient dépensé en une même soirée plus de 200 000 francs entre deux cinémas , un cirque , une baraque foraine et quelques cafés. En se basant sur quelques chiffres de cet ordre , on peut apprécier le taux d'efficacité du capital musulman, c'est-à-dire le rapport entre le budget des utilités et le budget de futilités. Dans le cas choisi , le gaspillage est de 95%. C'est l'indice de l'évolution entropique qui règne dans tous les domaines de la vie musulmane moderne. Cet indice est d'ailleurs encore plus élevé dans les cérémonies, mariages, circoncisions, funérailles , qui sont l'occasion d'effrayantes hémorragies budgétaires dans la vie des familles.

On peut faire les mêmes constatations dans n'importe quel domaine de la vie privée ou publique. Nous en avons un exemple fort instructif dans le budget de la délégation de la ligue arabe à l'ONU en 1948.

Cette délégation disposait en effet de 500 000 Dollars environ et , durant tout son séjour à paris, n'a pas publié un seul document pour exposer à l'opinion publique la question palestinienne, alors que les israéliens inondaient efficacement le monde de leur propagande. Cette énorme disproportion entre les moyens et les résultats est typique de toute l'activité publique musulmane. Nous sommes "Pauvres", sans doute, mais il n'y a chez nous aucun souci d'y remédier par une utilisation plus judicieuse des moyens disponibles. Il y a même des œuvres intellectuelles d'une importance considérables qui attendent encore leur publication, faute de moyens financiers, cependant que le denier publique s'en va on ne sait où. Le cas de la délégation arabe à paris n'est pas une exception à mettre sur le compte des pachas d'Egypte ; partout où l'argent existe, dans le domaine privé comme dans le domaine public, on est obligé de constater qu'il est mal utilisé. Même si' l'on avait augmenté le budget de la délégation arabe, on n'aurait pas pour autant augmenté ses moyens et son efficacité, mais ses besoins et ses dépenses. Il ne s'agit donc pas d'un problème financier mais d'un problème psychologique et technique, celui de l'"orientation du capital".

c) il y a enfin le troisième mythe , qui – sous le nom de colonialisme – paralyse toutes les bonnes volontés , justifiant parfois de véritables escroqueries morales et politiques. Il est important de noter qu'en ce qui concerne les mythes dont nous venons de parler , la cause inhibitrice ne venait pas de l'extérieur, mais qu'elle est interne, née de la psychologie de gens, des gouts, des idées, des usages, de tout ce qui constitue l'esprit post-almohadien , en un mot : de leur "colonisabilité".

Certes, la part du colonialisme est écrasante, puisque systématiquement il écrase toute pensée , tout effort intellectuel , toute tentative de redressement moral ou économique , c'est-à-dire tout ce qui pourrait donner un ressort quelconque à la "vie indigène". Il infériorise techniquement l'humanité livrée à sa loi, cette loi que nous avons désignée sous le terme de "coefficient colonisateur". Mais ce coefficient n'affecte pas la valeur fondamentale de l'individu inefficace, inerte, jusque dans les domaines où la pression colonialiste ne peut être incriminée. Donc le colonialisme agit à la fois comme réalité, quand il inhibe effectivement l'action, et comme mythe , quand il n'est qu'un alibi ou un masque de la colonisabilité.

Il y a un processus historique qu'il ne faut pas négliger sous peine de perdre de vue l'essence des choses, de ne voir que leurs apparences. Ce processus ne commence pas par la colonisation, mais par la colonisabilité qui la provoque. D'ailleurs , dans une certaine mesure, la colonisation est l'effet le plus heureux de la colonisabilité parce qu'elle inverse l'évolution sociale qui a engendré l'être colonisable : celui-ci ne prend conscience de sa colonisabilité qu'une fois colonisé. Il se trouve alors dans l'obligation de se ''désindigéniser" , de devenir incolonisable, et c'est en ce sens qu'on peut comprendre la colonisation comme une "nécessité historique". Il faut faire ici une distinction fondamentale entre un pays simplement conquis et occupé, et un pays colonisé. Dans l'un , il y a une synthèse préexistante de l'homme, du sol et du temps qui implique un individu incolonisable. Dans l'autre, toutes les conditions sociales existantes traduisent la colonisabilité de l'individu : dans ce dernier cas, une occupation étrangère devient fatalement une colonisation. Rome n'avait pas colonisé mais conquis la Grèce. L'Angleterre, qui a colonisé 400 millions d'Hindous parce qu'ils étaient colonisables , n'a pas colonisé l'Irlande, soumise mais irrédentiste. Par contre le Yémen, qui n'a jamais cessé d'être indépendant, n'en a tiré aucun profit parce qu'il était colonisable, c'est à-dire inapte à tout effort social. D'ailleurs ce pays ne doit qu'au simple hasard des conjonctures internationales d'avoir conservé son indépendance.

Ainsi donc la colonisation n'est pas la cause première à laquelle on puisse imputer la carence des hommes et la paresse des esprits dans les pays musulmans. Pour porter un jugement valable en ce domaine, il faut suivre le processus colonial depuis son origine, et non pas s'en tenir au seul moment présent : il faut le saisir en sociologue et non en politicien. On se rend compte alors que la colonisation s'introduit dans la vie du peuple colonisé comme le facteur comme le facteur contradictoire qui lui fait surmonter sa colonisabilité. L'histoire du monde musulman , depuis plus d'un demi-siècle, n'est que le développement historique de cette contradiction introduite par le colonialisme dans l'état des choses qui caractérisé et constitua la colonisabilité. Il y a donc un aspect positif de la colonisation , en ce qu'elle libère des potentialités longtemps demeurées inertes. Bien qu'elle constitue d'autre part un facteur négatif, puisqu'elle tend à détruire ces mêmes potentialités en appliquant à l'individu "le coefficient colonisateur", un fait est significatif : L'histoire n'a jamais enregistré la pérennité du fait colonial , les forces essentielles de l'homme surmontent finalement toutes les contradictions. Le colonisateur ne vient pas naturellement "promouvoir" , il vient paralyser , comme l'araignée paralyse la victime prise dans sol filet. Mais en fin de compte , il change si radicalement les conditions de vie de l'être colonisé que , par cela même , il transforme son âme. Il est donc fondamental , quand on examine la situation dans un pays colonisé , de ne pas omettre de considérer tour à tour ces deux notions concourantes , mais absolument distinctes : la colonisation et la colonisabilité. La seule manière de définir techniquement les causes d'inhibition est de déterminer dans quelle mesure elles relèvent de la colonisation ou de la colonisabilité. C'est ce prix que le monde musulman pourra déterminer les moyens appropriés pour venir à bout des carences qui ont jusqu'ici paralysé ses entreprises.

Tout le succès d'une méthode , qu'il s'agisse d'une doctrine politique ou d'un Islah , dépend en premier lieu de la considération simultanée de ces deux faces du problème.

Voir l'une sans l'autre , c'est ne voir qu'un faux problème.

Malheureusement , cette façon de tronquer le problème se déguise en général sous le masque du patriotisme, d'un patriotisme local et vain. N'est ce pas , cependant , le meilleur moyen de servir le colonialisme que de faire durer encore des carences, des paralysies et des abcès qui constituaient , depuis trois ou quatre siècles déjà , les signes évidents d'une société en état de pré colonisation ? une conclusion logique et pragmatique s'impose donc , c'est que , pour se libérer d'un effort : le colonialisme , il faut se libérer d'abord de sa cause : la colonisabilité.

Que le musulman n'ait pas tous les moyens désirables pour développer sa personnalité et actualiser ses dons : c'est le colonialisme. Mais que le musulman ne songe même pas à utiliser efficacement les moyens déjà disponibles, à fournir le sur-effort de fortune, qu'il n'utilise pas son temps dans ce but, qu'il s'abandonne, au contraire, au plan d'ingidénisation, de chosification, assurant ainsi le succès de la technique colonisatrice : c'est la colonisabilité.
Ainsi quand on essaie de classer les différentes causes d'inhibition qui freinent les activités du monde musulman moderne, qui maintiennent son évolution à un rythme ralenti, qui sèment le désarroi, l'impuissance et finalement le chaos dans sa vie, on s'aperçoit que les causes internes – celle qui résultent de la colonisabilité – sont prépondérantes.}


Pages 81 , 82 , 83 , 84 , 85 , vocations de l'islam , Le chaos du monde musulman moderne , Malek Bennabi
Par Aymane
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{ .... Cette impuissance organique est renforcée par des paralysies particulières : morale, sociale et intellectuelle.

La plus grave, celle qui détermine dans une certaine mesure les deux autres, c'est la paralysie morale. Son origine est connue " L'islam est une religion parfaite ". Voilà une vérité dont personne ne discute. Malheureusement, il en découle dans la conscience post-almohadienne une autre proposition : "Nous sommes musulmans, donc nous sommes parfaits". "Syllogisme" funeste qui sape toute perfectibilité dans l'individu, en neutralisant en lui tout souci de perfectionnement. Jadis, Omar ibn El-Khattab – Deuxième calife des musulmans - faisait régulièrement son examen de conscience et pleurait souvent sur ses "fautes". Mais il y a longtemps que le monde musulman a cessé de s'inquiéter de possibles cas de conscience. On ne voit plus qui que ce soit s'émouvoir d'une erreur, d'une faute. Parmi les classes dirigeantes règne la plus parfaite quiétude morale. On ne voit aucun dirigeant faire publiquement son mea culpa.

C'est ainsi que l'idéal islamique, idéal de vie et de mouvement, a sombré dans l'orgueil et particulièrement dans la suffisance du dévot qui croit réaliser la perfection en faisant ses cinq prières quotidiennes sans essayer de s'amender ou de s'améliorer : il est irrémédiablement parfait – parfait comme la mort et comme le néant. Tout le mécanisme psychologique du progrès de l'individu et de la société se trouve faussé par cette morne satisfaction de soi. Des êtres immobilisés dans leur médiocrité et dans leur imperfectible imperfection deviennent ainsi l'élite morale d'une société où la vérité n'a enfanté qu'un nihilisme. La différence est essentielle entre la vérité, simple concept théorique éclairant un raisonnement abstrait, et la vérité agissante qui inspire des actes concrets. La vérité peut même devenir néfaste, en tant que facteur sociologique, lorsqu'elle n'inspire plus l'action et la paralyse, lorsqu'elle ne coïncide plus avec les mobiles de la transformation, mais avec les alibis de la stagnation individuelle et sociale.

Cette paralysie morale, qui est incontestablement le résidu post-almohadien le plus dangereux, immobilise la société musulmane, incapable de sureffort nécessaire à son redressement. La paralysie intellectuelle n'est qu'une de ses conséquences : lorsqu'on cesse de se perfectionner moralement, on cesse fatalement de modifier les conditions de sa vie et de penser cette modification. Peu à peu la pensée se trouve ainsi figée, pétrifiée, dans un monde qui ne raisonne plus parce que son raisonnement n'a plus d'objet social.

Le "Taqlid" ou conformisme moral implique fatalement un renoncement à l'effort intellectuel, à cet, " Ijtihad" qui fut directive essentielle de l'esprit musulman de la grande époque.}


Page 76 , 77 , vocations de l'islam , Malek Bennabi.
Par Aymane
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{ Dans toute société qui nait et s'organise, il y a des éléments traditionnels à coté d'éléments d'inspiration moderne. Ces derniers sont en général empruntés à des sociétés déjà organisés, par un effort d'analyse et d'adaptation qui suppose en réalité un effort de création et de synthèse. Cette assimilation exige des discriminations précises, une constante vigilance de l'esprit critique pour imposer, quant aux emprunts nécessaires, les indispensables conditions de compatibilité, d'utilité, de convenance. La société musulmane primitive s'était plus d'une fois trouvée en face de tels problèmes et les avait résolus chaque fois d'une manière consciente et heureuse, notamment lorsqu'il s'était agi de désigner un mode d'appel à la prière.
Ce "besoin"nouveau dans la société musulmane, existait déjà dans la société chrétienne où l'appel se faisait au son des cloches.
On pouvait donc simplement emprunter ce moyen. Mais après réflexion, le prophète et ses compagnons optèrent pour un mode d'appel original : la voix humaine. On créa donc la charge de muezzin, évitant de la sorte l'importation de cloches qu'on ne fabriquait pas et qu'on ne pouvait pas encore fabriquer à la Mecque ou à Médine. Nous avons ici l'exemple d'une société nouvelle qui emprunte, en quelque sorte, un "besoin" à une société organisée, mais qui crée "moyen" répondant à ce besoin nouveau.
D'autre usages et d'autres "traditions" ont été pareillement admis dans la société musulmane, primitive, mais après un choix délibéré entre un moyen et un autre , entre divers procédés , entre diverses conceptions. Dans ces conditions , l'emprunt s'intégrait naturellement à la vie musulmane puisqu'il répondait à la fois à ses fins et à ses moyens

.... Depuis un siècle, la société musulmane se trouve de nouveau en face du problème des emprunts : portée, par le mouvement même de sa renaissance , à toutes les innovations et à tous les emprunts , elle en même temps paralysé par son traditionalisme .

Il convient de dégager ici, pour mieux les éclairer, les facteurs qui sont à la base de ce trouble et de cette impuissance. Les uns se rattachent à la question cruciale des emprunts à la civilisation moderne ; ils sont d'ordre bio-historique. Les autres concernent l'attitude du musulman à l'égard des problèmes de sa vie actuelle ; il s'agit d'un problème psychologique et dialectique.

1 / si nous examinons le premier problème, il nous faut noter que la vie sociale est régie – comme la vie organique – par des lois qui lui sont propres. Mais en biologie on sait, depuis qu'on a étudié les conditions de la transfusion du sang, que cette opération obéit à des règles strictes qu'il faut respecter sous peine de troubler profondément la physiologie de l'organisme récepteur. On s'est rendu compte notamment que les éléments sanguins ne sont pas tous interchangeables, en raison de différenciation biologiques entre les constituants organiques. Or cette donnée de l'ordre biologique est vraie dans l'ordre bio-historique : les éléments sociologiques qui caractérisent des cultures différentes ne sont pas tous et toujours intérchangeables.

Par conséquent les éléments sociologiques nouveaux ne sont assimilables par la société qui les emprunte que dans certaines conditions déterminées : un besoin impérieux ou impératif supérieur. Or la société musulmane, depuis un demi-siècle, n'a pas tenu compte de ces conditions. Elle a fait des emprunts sans aucun critère, sans aucune critique, un peu par contrainte et surtout par snobisme et par carence de l'esprit. La confusion et le désordre qui règnent dans le domaine politique sont le résultat d'un mélange d'idées mortes , résidus non décantés , et d'idées empruntées , d'autant plus dangereuses qu'elle se trouvent déplacées de leur contexte historique et rationnel : le cadre européen. Dans la société européenne, on prêchait le célèbre "chacun pour soi et Dieu pour tous" dont l'antidote nécessaire se trouvait dans l'organisation sociale. Ce principe ne pouvait qu'être mortel dans la société musulmane, où il a pris la place du "chacun pour tous et tous pour chacun" qui fut le principe social essentiel de l'islam. Parfois, le principe mortel est emprunté à un contexte scientifique et acquiert de ce fait un prestige pernicieux. C'est ainsi que le principe Darwinien de la "sélection du meilleur" est devenu un adage de nos moralistes modernes sans qu'ils se doutent que se qui est vrai en zoologie peut être faux en sociologie, où le " meilleur " signifie souvent le "pire". En Europe, même, ce principe, une fois déplacé de son contexte scientifique, n'a engendré que philosophies racistes de Gobineau ou de Rosenberg. A l'origine, il fut la cause de la concurrence et de l'émulation qui favorisent le développement matériel du monde occidental. Mais cette stimulation de l'activité n'était qu'euphorie passagère. Bientôt " le meilleur" devient l'homme véreux, ne reculant devant aucun moyen pour assurer son triomphe sur des "imbéciles" embarrassés de leurs scrupules. De véritables gangstérismes ont fini par voir le jour dans cette société occidentale où l'on avait érigé un principe zoologique en principe moral.

Ce sont des idées tout aussi pernicieuses – même pour la civilisation qui les a engendrées – qui passent fréquemment dans la renaissance musulmane et ainsi s'accumulant, dans une société déjà encombrée des résidus de sa propre décadence, les résidus d'une autre décomposition. Il ne semble pas, aujourd'hui encore, que l'on soit décidé à juger des emprunts d'un demi-siècle. La décantation de ce qui est mort et le filtrage de ce qui est motel constituent cependant le travail de base d'une véritable renaissance. Des problèmes capitaux se posent à la société musulmane, mais elle ne les pose pas elle-même. En tout domaine, le hasard supplée aux idées et aux initiatives.

2/ l'incapacité de penser et d'agir caractérise aussi le deuxième aspect de la question que nous considérons ici. Dans le domaine psychologique, elle témoigne en effet de l'absence de lien dialectique entre la pensée et son aboutissement concret..
L'idée et l'action qu'elle commande ne se présentent pas comme une totalité indissociable – ce qui devrait se produire dans tout schéma complet d'activité positive. Quand on analyse, en effet, le processus d'une activité quelconque ayant quelque rapport avec l'économie générale de la renaissance – et il n'est pas de détail si insignifiant soit-il qui ne doive figurer dans ce bilan – on le trouve incomplet soit à un bout , soit à l'autre : il y a une pensée qui ne s'actualise pas , ou une action qui ne correspond à aucun effort de pensée.

Cette lacune se rencontre aussi bien dans l'ordre privé, dans l'activité d'un individu isolé, que dans l'ordre public ; dans une activité générale. La pensée islahiste , par exemple , vise à la réforme de l'homme mais on ne voit jamais le réformateur là où il devrait être le porte-parole de son idée, là où se trouve l'objet même de sa réforme : dans les cafés , sur les places des marchés , partout enfin où se révèlent directement les tares sociales qu'il voudrait corriger. On se contente de faire à des enfants des cours selon des programmes d’où rien ne rappelle qu'il s'agit de réforme , ou bien on fait des prédications de "minbar" à un public qu'on n'est pas allé voir dans son milieu , dans son atmosphère habituelle, mais qui est venu au pied de la chaire : l'enfant analphabète devient quelquefois un lettré suffisant et l'adulte un auditeur complaisant. Le programme d'une médersa islamiste ne diffère pas essentiellement de celui d'une école traditionnelle, et le mot "islah" devient une simple étiquette qui recouvre des activités sans doute utiles mais tronquées de l'idée doctrinale.

Le divorce entre la pensée et l'action n'est pas la seule cause de l'inertie de l'esprit musulman, inertie qui est aussi imputable à la confusion courante entre l'essence des phénomènes et leurs apparences }



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Par Aymane
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