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 " L'expansion de l'islam ne saurait donc etre expliquée seulement par des causes extérieurs telles que l'incontestable affaiblissement, voire la désintégration, des empires vaincus (empire romain d'orient, empire de la perse sassanide, empire wisigoth d'Espagne) et moins encore par des causes uniquement militaires.

…. Mais les raisons profondes de cette expansion fulgurante qui, au lendemain de la mort du prophète, en douze années, de 633 à 645, permirent d'assurer la suprématie arabe en Palestine, en Syrie, en Mésopotamie comme en Egypte (cette première vague ne s'arrêtant que devant des obstacles naturels : les chaînes de montagnes du Taurus en Asie mineur, et celles de l'Iran oriental, et, à l'ouest, les déserts de cyrénaïque et de Nubie), furent des raisons internes, liées à l'essence même de l'islam.

D'abord l'affirmation radicale de la transcendance de Dieu, en relativisant tous les pouvoirs, postulait, comme nous l'avons vu, une égalité de principe entre tous, et devenait donc un ferment de libération de toutes les oppressions politiques, économiques ou religieuses. Elle donnait un visage à l'espérance de tous les opprimés.

C'est ce qui explique pourquoi une seule victoire militaire sur chacun des despotes régnants (Héraclius en 636 pour l'empire romain d'orient, Yezdégérd … en 637 pour l'empire sassanide perse; où plus tard, en 711, celle de la poignée de guerriers de Tarik qui triompha du roi Wisigoth Rodéric sur le Rio Barbate en Espagne) fait s'effondrer des empires, comme l'empire wisigoth d'Espagne ou l'empire perse , ou livre aux arabes les plus riches provinces de l'empire romain d'Orient (la Syrie, l'egypte et, peu après, toute l'Afrique du nord)

Dans chaque cas, après la défaite de la caste dominante détestée du peuple, les Arabes sont accueillis en libérateurs par ceux qui étaient victimes d'une oppression sociale ou politique ou d'une persécution religieuse.

Pour les chrétiens monophysites, persécutés comme hérétiques par l'empire romain d'Orient, comme pour les chrétiens nestoriens de perse, comme pour les tribus berbères, comme pour les juifs ou les chrétiens ariens ou priscilliens d'Espagne harcelés par un clergé fanatique, comme pour les paysans coptes d'Espagne soumis aux exactions des grands propriétaires terriens de Byzance, la victoire des arabes sur leurs maîtres et oppresseurs fut une délivrance. D'autant plus que leurs " hérésies " , nées pour la plupart des interprétations hellénisantes de la trinité, leurs rendaient aisément convaincante la conception islamique de dieu et de son unité (Tawhid). La sourate 112 du coran dit :

" Lui, dieu est un !
Dieu l'mpénétrable !
Il n'engendre pas ;
Il n'est pas engendré ;
Nul n'est égal à lui … !! "



Monseigneur Duchesne, dans ses études sur la situation de l'église au VI ième siècle en Syrie, cite Michel le Syrien " Le dieu des vengeances ….. Voyant la méchanceté des romains qui, partout où il dominaient, pillaient cruellement nos églises et nos monastères et nous condamnaient sans pitié, amena du Sud les fils d'Ismail pour nous délivrer d'eux …… ce ne fut pas un léger avantage, pour nous, d'être délivrés de la cruauté des Romains, de leur méchanceté et de leur colère, de leur cruelle jalousie, et de nous trouver un repos."

A l'autre pole de la méditerranée, en Espagne; il s'agira aussi d'une libération à la fois sociale et religieuse. Ignacio Olague a montré combien il est invraisemblable que l'Espagne ait été militairement conquise par une invasion massive des habitants du Hedjaz " comment une poignée de nomades, venus du fond de l'arabie, auraient-ils pu imposer leur langue et la loi de l'islam aux quinze millions d'habitants vivant sur les six cent mille kilomètres carrés de la péninsule ibérique ? * " * : Ignacio Olague , les arabes n'ont jamais envahi l'Espagne, paris, Flammarion, 1960, p 280


… l'orientaliste Rainhart Dozy , dans son histoire des musulmans d'Espagne ( Tome 2, page 43) écrivait :  " la conquête arabe fut un bien pour l'Espagne : elle produisait une importante révolution sociale, elle fit disparaître une grande partie des maux sous lesquels le pays gémissait depuis des siècles ….. les arabes gouvernaient selon la méthode suivante : les impôts étaient tout à fait réduits par rapport à ceux des gouvernements précédents. Les Arabes enlevèrent aux riches la terre qui, partagée en immenses domaines de la chevalerie, était cultivée par des fermiers serfs ou des esclaves mécontents, et la répartirent également entre ceux qui travaillaient le sol. Les nouveaux propriétaires la travaillèrent, pleins de zèle, et on obtinrent de meilleures récoltes. Le commerce fut libéré des limitations et des lourdes taxes qui l'écrasaient et se développa notablement. Le coran autorisait les esclaves à se racheter moyennement un dédommagement équitable, et cela mit en jeu de nouvelles énergies. Toutes ces mesures provoquèrent un état de bien-être général qui fut la cause du bon accueil fait au début de la domination arabe."

L'expansion de l'islam ne prit pas, le plus souvent la forme d'une invasion, moins encore d'une colonisation. Blasco Ibanez le proclame dans A l'ombre de la cathédrale
" L'Espagne, esclave de rois théologiens et d'évêques belliqueux, recevait à bras ouverts ses envahisseurs …… en deux années les Arabes s'emparèrent de ce que l'ont mit sept siècles à leur reprendre. Ce n'était pas une invasion qui s'imposait par les armes, c'était une société nouvelle qui poussait de tous cotés ses vigoureuses racines.
Le principe de la liberté de conscience, pierre angulaire sur laquelle repose la vraie grandeur des nations, leur était cher. Dans les villes où ils étaient les maîtres, ils acceptaient l'église du chrétien et la synagogue du juif."


Si l'on cherchait à exprimer le caractère de cette expansion dans le vocabulaire de la politique contemporaine, on pourrait parler d'une " crise révolutionnaire ",c'est-à-dire d'une mutation sociale née du renversement d'un système social périmé, allant au-devant des aspirations populaires et en libérant des possibilités nouvelles (grace notement à une reforme agraire). Dans une telle guerre, l'arme principale n'est pas militaire, mais économique, politique et sociale, et porteuse d'une forme nouvelle de culture. Dans le cas de l'islam, je le répète, indivisiblement, une foi nouvelle et une nouvelle communauté
 "


page 35 , 36 , 37 , 38 , 39 ; chapitre 1; promesses de l'islam ; Roger Garaudy

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