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Dossier du mois

Le Tchadien Deby regarde aussi en direction de la Chine


L'achèvement du pipeline financé par les Etats-Unis et la Banque Mondiale, qui va du Tchad à la côte camerounaise, fait partie d'un programme américain beaucoup plus important destiné à contrôler les richesses pétrolières de l'Afrique Centrale, depuis le Soudan jusqu'à l'ensemble du Golfe de Guinée.

Mais le copain d'autrefois de Washington, le Tchadien Deby, a commencé à ne plus se satisfaire de sa petite part des profits pétroliers contrôlés par les Etats-Unis. Lorsque le parlement tchadien et lui-même décidèrent début 2006 de prendre une plus grosse partie des revenus pétroliers pour financer des opérations militaires et étoffer l'armée, le nouveau président de la Banque Mondiale — et architecte de la guerre d'Irak —, Paul Wolfowitz, a manœuvré pour suspendre les prêts à ce pays. Puis, en août de la même année, après avoir été réélu, Deby créa la propre compagnie pétrolière du Tchad, la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT), menaça d'expulser Chevron et le malais Petronas pour n'avoir pas payé les taxes dues et exigea une part de 60% du pipeline tchadien. A la fin, il s'est mis d'accord avec ces compagnies pétrolières, mais un vent de changement commençait à souffler.

Deby est aussi confronté à une opposition intérieure croissante de la part d'un groupe rebelle tchadien, le Front Uni pour le Changement, dont le sigle est F.U.C., qu'il prétend être financé secrètement par le Soudan. Le FUC a installé son siège au Darfour.

Au milieu de cette situation instable, Pékin s'est pointée au Tchad avec un coffre rempli d'argent humanitaire à la main. Fin janvier, le Président chinois Hu Jintao a notamment rendu visite au Soudan et au Cameroun, parmi d'autres Etats africains. En 2006, les dirigeants chinois ont visité pas moins de 48 Etats africains. En août 2006, Pékin a accueilli le ministre tchadien des affaires étrangères pour des pourparlers et le rétablissement des liens diplomatiques officiels, qui avaient été rompus en 1997. La Chine a commencé à importer du pétrole du Tchad, ainsi que du Soudan. Pas tant de pétrole que ça, mais si Pékin arrive à ses fins, cela pourrait bientôt changer.

En avril dernier, le ministre tchadien des affaires étrangères a annoncé que les pourparlers avec la Chine sur une plus grande participation chinoise dans la mise en valeur du pétrole tchadien "progressaient bien". Il a parlé des termes que les Chinois recherchent pour le développement du pétrole en disant que ce sont "des partenariats beaucoup plus équitables que ceux que nous avons l'habitude d'avoir".

L'ironie, c'est que la présence économique chinoise au Tchad pourrait être plus efficace pour calmer les combats et le déplacement des populations au Darfour que toute présence de soldats de l'UA ou de l'ONU. Pour certaines personnes à Washington et au siège de Chevron, cela ne serait pas bien accueilli, puisqu'ils n'obtiendraient pas ce pétrole.

Le Tchad et le Darfour ne sont que des parties du vaste effort de la Chine d'assurer "le pétrole à la source" dans toute l'Afrique. Le pétrole est aussi le tout premier élément de la politique africaine actuelle des Etats-Unis. L'intérêt de George W. Bush en Afrique inclut une nouvelle base américaine à Sao Tomé et Principe, à 200 km au large du Golfe de Guinée, à partir de laquelle il peut contrôler les champs de pétrole du Golfe de Guinée, depuis l'Angola au sud jusqu'à la République Démocratique du Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Cameroun et le Nigeria. Il se trouve justement que ce sont exactement les mêmes zones où s'est concentrée la récente activité chinoise en matière de diplomatie et d'investissements.

"Pour nous, le pétrole de l'Afrique de l'Ouest est devenu un intérêt stratégique national", avait déclaré en 2002 le Secrétaire d'Etat adjoint pour l'Afrique, Walter Kansteiner. Le Darfour et le Tchad ne sont qu'une extension de la politique américaine en Irak "avec des moyens différents" — le contrôle du pétrole, partout. La Chine conteste "partout" ce contrôle, en particulier en Afrique. Cela équivaut à une nouvelle Guerre Froide pour le pétrole, non déclarée.


Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques
Par Aymane
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     La politique pétrolière tchadienne et les pipelines


La société Chevron de Condoleeza Rice se trouve au Tchad voisin, en compagnie de l'autre géant pétrolier étasunien ExxonMobil. Ils viennent juste de construire un oléoduc de 3,7 milliards de dollars, qui transporte 160.000 barils par jour depuis Doba, au centre du Tchad, près du Darfour, vers Kribo, sur l'Océan Atlantique, en traversant le Cameroun. Ce pétrole est destiné aux raffineries américaines.

  Pour y parvenir, ils ont travaillé avec le "Président à vie" tchadien, Idriss Deby, un despote corrompu qui a été accusé d'alimenter les rebelles au Darfour avec des armes fournies par les Etats-Unis. Deby a rejoint l'Initiative Pan Sahel de Washington, dirigée par le Commandement euro-américain du Pentagone, pour former ses troupes au combat contre le "terrorisme islamique".

Les Etats-Unis lui apportant aide militaire, entraînement et armes, Deby lança en 2004 la frappe initiale qui déclencha le conflit au Darfour. Il s'est servi de membres d'élite de sa Garde Présidentielle, qui est arrivée de la province, leur fournissant des véhicules tous-terrains, des armes et des canons anti-aériens, pour aider les rebelles à combattre le gouvernement de Khartoum au sud-ouest du Soudan. En fait, c'est le soutien militaire que les Américains ont apporté à Deby qui a déclenché le bain de sang au Darfour. Khartoum a réagi et la débâcle qui a suivi s'est tragiquement déchaînée de toutes ses forces.

Les ONG soutenues par Washington et le gouvernement américain défendent la thèse d'un génocide, non prouvé, comme prétexte pour faire venir dans les champs de pétrole du Darfour et du Sud-Soudan des troupes ONU/Otan et, potentiellement, pour s'emparer des nouvelles sources pétrolières de la Chine.

Les objectifs militaires au Darfour — et dans la Corne de l'Afrique au sens large — sont servis à l'heure actuelle par le soutien américain et de l'Otan au Darfour aux troupes de l'Union Africaine (UA). Là-bas, l'Otan apporte un soutien aérien et terrestre aux troupes de l'UA, classées "neutres" et de "maintien de la paix". Le Soudan est en guerre sur trois fronts : contre l'Ouganda, le Tchad et l'Ethiopie. Chacun de ces pays est doté d'une importante présence militaire américaine et des programmes militaires américains y sont en cours. La guerre au Soudan implique à la fois des opérations secrètes américaines et des factions "rebelles", entraînées par les Américains, qui arrivent du sud du Soudan, du Tchad, de l'Ethiopie et de l'Ouganda.

Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques
Par Aymane
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Le projet pétrolier de Chevron de 1974


Les majors pétrolières américaines connaissaient la richesse pétrolière du Soudan depuis le début des années 70. En 1979, Gaafar Mohammed Nimeiry, alors le chef d'Etat soudanais, a rompu avec les Soviétiques et invité Chevron à développer l'industrie pétrolière du pays. Cela fut peut-être une erreur fatale. L'Ambassadeur américain George H W Bush avait parlé personnellement à Nimeiry de photos satellites montrant qu'il y avait du pétrole au Soudan. Nimeiry mordit à l'hameçon. Les guerres pour le pétrole qui ont suivi depuis en sont la conséquence.

Chevron a découvert de grandes réserves de pétrole dans le sud du Soudan. La compagnie a dépensé 1,2 milliards de dollars pour la prospection et l'évaluation. Ce pétrole a déclenché en 1983 ce que l'on appelle la deuxième guerre civile du Soudan. Chevron fut la cible d'attaques et d'assassinats répétés et suspendit ce projet en 1984. En 1992, la société vendit les concessions pétrolières qu'elle détenait au Soudan. Ensuite la Chine a commencé à aménager les champs de pétrole abandonnés par Chevron en 1999, avec des résultats remarquables.

Mais, aujourd'hui, Chevron n'est pas loin du Darfour.

Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques
Par Aymane
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Marchands de mort


Les Etats-Unis, agissant par l'entremise d'alliés se substituant à eux, au Tchad et dans les Etats voisins, ont formé et armé l'Armée Populaire de Libération du Soudan, dirigée jusqu'à sa mort en juillet 2005 par John Garang, formé à l'école des Forces Spéciales Américaines à Fort Benning, en Georgie.

En déversant des armes, d'abord dans le sud-est du Soudan et, depuis la découverte de pétrole au Darfour, dans cette région aussi, Washington a alimenté le conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et conduit plusieurs millions de personnes à quitter leurs maisons. L'Erythrée accueille et soutient l'Armée Populaire de Libération du Soudan (APLS), le groupe d'opposition collectif AND [Alliance Nationale Démocratique] et les rebelles du Front de l'Est et du Darfour.

Il y a deux groupes rebelles qui combattent dans la région soudanaise du Darfour contre le gouvernement central du Président Omar al-Bashir — Le Mouvement de la Justice pour l'Egalité et l'Armée de Libération du Soudan (ALS), plus importante.

En février 2003, l'ALS a lancé des attaques contre des positions du gouvernement soudanais dans la région du Darfour. Le secrétaire-général de l'ALS, Minni Arkou Minaoui, a appelé à la lutte armée, accusant le gouvernement de se désintéresser du Darfour. "L'objectif de l'ALS est de créer un Soudan uni et démocratique." Autrement dit, le changement de régime au Soudan.

Le Sénat américain a adopté une résolution en février 2006 demandant l'envoi de troupes de l'Otan au Darfour, ainsi qu'une force des Nations-Unies de maintien de la paix plus étoffée, dotée d'un mandat solide. Un mois plus tard, le Président George W. Bush réclamait aussi des forces additionnelles de l'Otan pour le Darfour. Génocide ? Ou pétrole?

Le Pentagone a été fort occupé à entraîner des officiers militaires africains aux Etats-Unis, tout comme il avait entraîné des officiers latino-américains pendant des dizaines d'années. Son programme International d'Education Militaire et d'Entraînement a prodigué l'entraînement d'officiers militaires, venant du Tchad, d'Ethiopie, d'Erythrée, du Cameroun et de République Centrafricaine.

Une grande partie des armes qui ont alimenté la tuerie au Darfour et au sud ont été introduites par des "marchands de mort" privés, troubles et protégés. Parmi ceux-ci, le célèbre ex-agent du KGB, Victor Bout, dont les bureaux se trouvent désormais aux Etats-Unis et qui a été cité à plusieurs reprises ces dernières années pour vente d'armes dans toute l'Afrique. Les responsables du gouvernement américain le laissent étrangement faire ses opérations au Texas et en Floride, bien qu'il soit recherché par Interpol pour blanchiment d'argent.

L'aide américaine au développement pour l'ensemble de l'Afrique sub-saharienne, qui inclut le Tchad, a été sévèrement réduite ces dernières années, tandis que l'aide militaire américaine a augmenté. Le pétrole et la course aux matières premières stratégiques en est la raison claire. La région du Sud-Soudan, depuis le Haut Nil jusqu'à la frontière tchadienne, est riche en pétrole. Washington le savait longtemps avant le gouvernement soudanais.

Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques
Par Aymane
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Manœuvres pour militariser la région pétrolière du Soudan



Le génocide était le thème préféré et Washington en a été le chef d'orchestre. Curieusement, alors que tous les observateurs reconnaissent que le Darfour a été le théâtre d'un vaste déplacement de population et que la souffrance humaine y est terrible, avec des dizaines de milliers de victimes, voire jusqu'à 300.000 morts ces dernières années, seuls Washington et les ONG proches du pouvoir américain utilisent le terme chargé de "génocide" pour dépeindre le Darfour. S'ils arrivent à faire accepter cette accusation de génocide par le grand public, alors cela ouvrira la possibilité d'une intervention radicale de "changement de régime" par l'Otan — comprendre Washington — dans les affaires de souveraineté du Soudan.

Le thème du génocide est utilisé avec le soutien total de Hollywood, notamment par des gens comme George Clooney, afin d'orchestrer cette accusation pour une occupation de fait de la région par l'Otan. Il n'est pas surprenant que, jusqu'à présent, le gouvernement soudanais l'ait nié.

Le gouvernement étasunien utilise régulièrement le mot de "génocide" pour parler du Darfour. C'est le seul gouvernement à le faire. La Secrétaire d'Etat Adjointe, Ellen Sauerbrey, chef du Bureau de la Population, des Réfugiés et de l'Immigration, a déclaré dans une interview en ligne sur USINFO le 17 novembre dernier : "Le génocide en cours au Darfour — une violation flagrante des droits de l'homme — fait partie des préoccupations internationales majeures des Etats-Unis." L'administration Bush insiste toujours pour dire que le génocide se déroule depuis 2003 au Darfour, malgré le fait qu'en 2004 une mission de cinq personnes des Nations-Unies, conduite par le juge italien Antonio Cassese, ait rapporté qu'il n'y avait pas de génocide en cours au Darfour, mais de graves violations des droits de l'homme. Ils ont réclamé un procès pour juger des crimes de guerre.

Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques

Par Aymane
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Les richesses pétrolières du Soudan


La China National Petroleum Company (CNPC) de Pékin est le plus gros investisseur étranger au Soudan, avec quelques 5 milliards de dollars dans le développement de champs pétroliers. Depuis 1999, la Chine a investi au moins 15 milliards de dollars au Soudan. Elle possède 50% d'une raffinerie de pétrole, près de Khartoum, en partage avec le gouvernement soudanais. Les champs de pétrole sont concentrés dans le Sud, localisation d'une guerre civile qui couvait depuis longtemps et en partie financée secrètement par les Etats-Unis pour couper le sud du nord islamique, dont le centre se trouve à Khartoum.

La CNPC a construit un oléoduc qui relie le sud du Soudan à un nouveau terminal à Port Soudan sur la Mer Rouge, où le pétrole est chargé dans des tankers à destination de la Chine. Huit pour-cent du pétrole chinois provient désormais du sud du Soudan. La Chine prend 65 à 80% de la production soudanaise qui s'élève à 500.000 barils/jour. L'année dernière, le Soudan était la quatrième source de pétrole étranger de la Chine.

En 2006, la Chine a dépassé le Japon pour devenir le deuxième plus gros importateur de pétrole après les Etats-Unis, important 6,5 millions de barils d'or noir par jour. Avec sa demande de pétrole qui croît de 30% par an, selon les estimations, la Chine dépassera les Etats-Unis dans quelques années pour la demande de pétrole importé. Cette réalité est le moteur de la politique étrangère de Pékin en Afrique.

Si l'on jète un œil sur les concessions de pétrole au Sud-Soudan, on voit que la compagnie pétrolière chinoise, la CNPC, détient des droits sur le bloc 6, qui enjambe le Darfour, près de la frontière avec le Tchad et la République Centrafricaine. En avril 2005, le gouvernement soudanais a annoncé qu'il avait trouvé du pétrole au sud du Darfour, estimé à 500.000 barils/jour après l'aménagement des installations. La presse mondiale a oublié de rapporter ce fait essentiel dans ses analyses sur le conflit au Darfour.


Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques
Par Aymane
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La diplomatie pétrolière de la Chine
  


Ces derniers mois, Pékin s'est lancé dans une série d'initiatives destinées à garantir des sources d'approvisionnement à long terme de matières premières dans l'une des régions de la planète la plus subventionnée — l'Afrique sub-saharienne. Aucune autre matière première que le pétrole ne revêt aujourd'hui pour Pékin une plus grande priorité.

La Chine tire environ 30% de son pétrole brut de l'Afrique. Voilà pourquoi les Chinois se sont lancés dans une série extraordinaire d'initiatives diplomatiques qui ont rendu les Américains furieux. La Chine se sert de crédits en dollars sans conditions pour obtenir l'accès à la vaste richesse en matières premières de l'Afrique, laissant sur le carreau le jeu de contrôle habituel des Américains, qu'ils exercent à travers la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI). Qui a besoin des remèdes douloureux du FMI lorsque la Chine offre des conditions avantageuses et construit, par-dessus le marché, des routes et des écoles ?

En novembre dernier, Pékin a accueilli un sommet extraordinaire de 40 chefs d'Etat africains. Les Chinois ont littéralement déroulé le tapis rouge pour les dirigeants, entre autres, de l'Algérie, du Nigeria, du Mali, de l'Angola, de la République Centrafricaine, de la Zambie et de l'Afrique du Sud.

La Chine vient juste de passer un accord pétrolier qui la lie avec deux des plus grands pays du continent, le Nigeria et l'Afrique du Sud. La China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) extraira du pétrole au Nigeria, à travers d'un consortium incluant aussi la South African Petroleum Co. Cela donnera accès à la Chine à ce qui pourrait s'élever à 175.000 barils par jour d'ici 2008. Un accord à 2,27 milliards de dollars donne à la CNOOC, compagnie d'Etat, 45% d'un vaste champ de pétrole au large du Nigeria. Auparavant, Washington considérait le Nigeria comme un actif des majors pétrolières anglo-américaines, ExxonMobil, Shell et Chevron.

La Chine a été généreuse dans sa distribution de prêts avantageux sans intérêts ou de subventions pures et simples à quelques-uns des Etats débiteurs les plus pauvres d'Afrique. Ces prêts sont allés dans les infrastructures, y compris autoroutes, hôpitaux et écoles — contraste saisissant avec les exigences austères et brutales du FMI et de la Banque Mondiale. En 2006, la Chine a engagé plus de 8 milliards de dollars au Nigeria, en Angola et au Mozambique, contre 2,3 milliards de dollars à toute l'Afrique sub-saharienne pour la Banque Mondiale. Le Ghana est en train de négocier un prêt chinois de 1,2 milliards de dollars pour son électrification. Contrairement à la Banque Mondiale — arme de fait de la politique économique étrangère des Etats-Unis — la Chine n'attache aucune condition à ses prêts.

Cette diplomatie chinoise liée au pétrole a conduit Washington à accuser bizarrement Pékin d'essayer de "garantir le pétrole à la source", une chose dont s'est préoccupée pendant au moins un siècle la politique étrangère américaine. Aucune autre source de pétrole n'a été plus au centre du conflit pétrolier sino-américain, ces derniers temps, que le Soudan, la patrie du Darfour.

Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques

Par Aymane
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   Durant la campagne électorale de 1992 aux USA, un certain William Jefferson Clinton, alors inconnu, avait lancé au président d’alors George Herbert Bush : « C’est l'économie, idiot ». On pourrait paraphraser aujourd’hui ce trait d’esprit. En effet, à y regarder de plus près, les préoccupations de l’actuelle administration de Washington sur le Darfour au Soudan méridional ne relèvent pas d’une inquiétude authentique sur un génocide contre les peuples de la partie la plus pauvre d’entre les plus pauvres de cette région abandonnée de l’Afrique. Non. « C’est le pétrole, idiot. »

Ce constat a une forte dimension de cynisme, si on considère que la même administration washingtonienne n’a eu aucun scrupule face au génocide qu’elle a organisé en Irak, dans le but de s’assurer l’accès aux énormes gisements pétroliers de ce pays. Qu’est-ce qui est donc en jeu dans la bataille du Darfour ? Le contrôle du pétrole, des tas et des tas de pétrole.

Le cas de Darfour, un immense territoire desséché par le soleil au sud du Soudan, illustre la nouvelle guerre froide pour le pétrole, où l’augmentation dramatique de la demande de pétrole de la Chine pur alimenter sa croissance explosive a amené Pékin à s'embarquer dans une politique agressive fondée- ironiquement – sur une diplomatie du dollar. Avec ses réserves, principalement en dollars, de plus de 1.3 billions de $, dans principalement des réservations du dollar d'USA à la Banque nationale populaire de Chine, Pékin s'engage dans une géopolitique active du pétrole. L'Afrique est son principal territoire de chasse, et en Afrique, la région centrale entre le Soudan et le Tchad est une priorité. Ceci définit un nouveau front important dans ce qui, depuis l'invasion par les USA de l'Irak en 2003, est une nouvelle guerre froide entre Washington et Pékin pour le contrôle des sources principales de pétrole. Jusqu'ici Pékin a joué un peu plus habilement que Washington. Le Darfour est un champ de bataille majeur dans cette compétition à forts enjeux pour le contrôle du pétrole.

Source : Asia Times Online Ltd, traduction : JFG/QuestionsCritiques
Par Aymane
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La reconstruction sous l’occupation : un échec complet


Quatre ans après que les États-Unis ont entamé les hostilités contre l’Irak, les soins de santé de ce dernier pays connaissent toujours un délabrement indescriptible. La plupart des hôpitaux manquent du matériel le plus élémentaire, des dizaines de cliniques restent à moitié terminées et des équipements coûteux de haute technologie sont en train de rouiller dans des entrepôts. Depuis 2003, les États-Unis ont pourtant investi un milliard de dollars dans les soins de santé, mais il n’en est pas sorti de nouveaux hôpitaux et on n’a jusqu’à présent construit qu’une petite poignée de cliniques. (36)

Selon Amar Al-Saffar, du ministère de la Santé publique, où il est responsable de la reconstruction, aucun hôpital n’a plus été construit en Irak depuis que l’hôpital Al-Khadimiyah a ouvert ses portes à Bagdad… en 1986. (37) Début 2006, un projet de 200 millions de dollars prévoyant la construction de 142 centres de soins de première ligne s’est retrouvé sans argent. Seuls vingt centres ont été terminés, un résultat qualifié de choquant par l’Organisation mondiale de la santé.38

Dans un rapport très critique, CorpWatch éreinte la reconstruction des infrastructures médicales irakiennes par les entreprises américaines. Ces entreprises, parmi lesquelles Parsons Global, Abt Associates et Bechtel, n’ont guère fait plus que ramasser des tas d’argent avant de… plier bagages.(39) Elles avaient décroché d’énormes contrats pour la reconstruction : 70 millions de dollars pour Parsons, 43 millions pour Abt et 50 millions pour Bechtel. Ici, des institutions des Nations unies aussi expérimentées que l’Unicef et l’Organisation mondiale de la santé avaient été évincées.

En avril 2006, le corps des ingénieurs de l’armée américaine, responsable de la construction de 150 centres de soins de première ligne, décidait d’en laisser tomber 130. Parsons Global se voyait confier le projet. Au moment où l’armée résilia le contrat de Parsons, six petites cliniques à peine étaient prêtes. Entre-temps, 150 ensembles d’équipements médicaux avaient été commandés pour les centres et stockés à Abu Ghraïb. 130 de ces ensembles onéreux étaient donc destinés à des cliniques qui ne seront jamais construites. Mais ce n’est… pas grave car il s’avère aujourd’hui que 46 % de ces ensembles sont incomplets, endommagés et qu’ils ont été mal ou pas du tout étiquetés…

Abt Associates s’est vu confier un contrat de remise à neuf des hôpitaux irakiens déjà existants, mais pas grand-chose n’a été fait en ce sens. À son tour, l’entreprise a confié le travail à des sous-traitants locaux qui se sont révélés dénués de la moindre expérience et complètement corrompus. En 2004, lorsque la situation de la sécurité s’est gravement détériorée en Irak, le personnel d’Abt a quitté le pays. Pas avant, toutefois, que 20,7 millions de dollars des contribuables américains ne soient venus remplir les poches des patrons de la firme, via USAID.

La construction d’un hôpital ultramoderne pour enfants à Bassora, un projet de prestige de l’épouse du président américain, Laura Bush, n’a guère eu meilleure suite. L’hôpital, dont la construction avait été confiée à Bechtel, était censé compter 94 lits ainsi que des suites privées pour les petits cancéreux, des scanners CAT (tomographie axiale informatisée) et autres équipements de haute technologie pour la lutte contre le cancer chez les enfants, dans une région qui, à l’issue de la première guerre du Golfe, avait été durement touchée par l’uranium appauvri. Le coût de l’hôpital est passé de 50 à 170 millions de dollars mais, en juillet 2006, il fut demandé à Bechtel de se retirer du projet en raison de problèmes sécuritaires. Depuis, le bâtiment est demeuré à l’état de chantier…

Quatre ans après l’invasion, il est plus évident que jamais que la guerre et l’occupation de l’Irak par les Américains ont provoqué une énorme catastrophe pour la santé publique. Cette tendance à la dégénérescence de la situation de la santé ne pourra être inversée que s’il est mis un terme à cette occupation.
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36. Los Angeles Times, 15 novembre 2006.
37. The Times, 21 octobre 2006.
38. The Independent, 20 octobre 2006.
39. CHATTERJEE (Pratap), High-Tech Healthcare in Iraq, Minus the Healthcare, in website van Corpwatch, 8 janvier 2007.

Par Aymane
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L’exode des travailleurs médicaux


En mars 2006, l’ONG britannique Medact écrivait que 18.000 des 34.000 médecins de l’Irak avaient quitté le pays depuis le début de la guerre. Ce chiffre provenait de l’Association irakienne des Médecins (IMA). Farouk Najji, un clinicien, membre de l’IMA, explique : « Depuis 2003, environ  2000 médecins ont été assassinés. La violence s’est encore aggravée et, chaque jour, nous perdons des membres parmi les meilleurs. » Dans certains cas, les ambulances doivent ramasser les blessés sans personnel médical à bord, dit Najji. « Il n’y a tout simplement plus assez de travailleurs médicaux. Ceux qui restent à l’hôpital, s’ingénient à chercher comment ils peuvent traiter les patients dans des salles d’opération improvisées », ajoute-t-il .(32)

Une pénurie de médecins et de personnel soignant sévit également à Bassora. Selon un responsable médical, Hassan Abdullah, il n’y a pas de statistiques fiables sur le nombre de médecins, de dentistes, de pharmaciens et d’infirmier(e)s ayant quitté la région, mais des sources non officielles font état d’un chiffre d’au moins deux cents personnes, entre janvier et juillet 2006. (33) Certains essaient de se procurer un boulot plus sûr ailleurs en Irak. Rezan Sayda, une fonctionnaire du ministère de la Santé publique du gouvernement régional du Kurdistan, disait en décembre 2006 que son ministère employait désormais quelque 600 médecins qui avaient fui les régions moins sûres du pays et que 320 autres figuraient sur une liste d’attente. (34)

Le manque de personnel médical a de lourdes conséquences pour la santé des patients. Dans le British Medical Journal, les docteurs Bassim Al-Sheibani et deux de ses confrères de la faculté de médecine de Diwaniyah écrivent que « l’équipe médicale admet que la moitié des décès auraient pu être évités si on avait disposé de personnel bien formé et expérimenté ».(35)
_______

32. IRIN, 7 novembre 2006.
33. IRIN, 9 juillet 2006.
34. IPS, 6 décembre 2006.
35. British Medical Journal, 20 octobre 2006

Par Aymane
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L’article 18 de la Quatrième Convention de Genève stipule : « Les hôpitaux civils qui sont organisés pour accueillir des malades et des blessés ne peuvent en aucun cas faire l’objet d’une attaque, mais doivent être en tout temps respectés et protégés par toutes les parties du conflit. » Hélas ! en Irak, aujourd’hui, la réalité est tout autre.

« Un problème important qui touche le secteur irakien de la santé est sans aucun doute la situation sécuritaire désespérée qui règne dans le pays » , déclare Nada Doumani, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Des hommes armés font irruption dans la salle d’opération pour forcer les médecins à d’abord traiter leurs patients. Certains patients conservent leurs armes à portée de main et restent masqués pendant qu’on les soigne. Cela crée une situation traumatisante pour les médecins » , ajoute-t-elle (21)

Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Le Dr Washdi Mahmoud travaille à l’hôpital Ibn Al-Nafees, le plus grand centre cardio-vasculaire de Bagdad. Le 27 février 2006, par téléphone depuis Bagdad, le Dr Washdi raconte : « Hier au matin, nous avons été menacés par des membres de la famille des patients. Ils ont même mis un revolver sur la tempe d’un médecin ! Le service de surveillance de l’hôpital n’est pas intervenu et c’est la raison pour laquelle nous nous sommes mis en grève » (22) Le Dr Salam Ismael, de la Doctors for Iraq Society, explique : « Nous sommes surtout embarrassés par les milices de certains partis politiques. Les autorités se gardent bien de les importuner. Ils entrent avec leurs armes dans les chambres des patients, insultent les médecins et menacent de les tuer . » (23)

Doctors for Iraq a reçu l’information disant que, le 9 mai 2006, un groupe d’hommes armés avait fait irruption à l’hôpital de Talafar, dans le nord-ouest de l’Irak. Ils ont menacé le personnel et les petients qui attendaient leur traitement. Un médecin a expliqué comment l’un des hommes armés avait placé un pistolet contre sa tempe en exigeant qu’il cesse de soigner un enfant blessé et qu’il s’occupe plutôt d’un homme qui avait à la jambe une blessure superficielle due à un éclat d’obus. Les hommes armés ont également détruit des équipements médicaux. Ils s’en sont pris au chauffeur d’une ambulance et lui ont cassé un bras d’un coup de crosse de fusil. Un autre chauffeur a reçu des coups au visage. Trois hommes ont attaqué le pharmacien de l’hôpital et l’ont tour à tour tabassé à coups de poing et de pied. L’un des hommes armés a tiré plusieurs balles juste au-dessus de la tête d’un médecin, ce qui a priovoqué encore plus de panique et d’hystérie dans l’hôpital. (24)

Le 28 septembre, les médecins de l’hôpital Yarmouk de Bagdad se sont mis en grève après que la police irakienne y eut fait irruption et, en agitant leurs armes, forcé les médecins à soigner un collègue blessé. Les docteurs ont appelé le ministère de l’Intérieur pour demander qu’on fasse respecter l’interdiction complète des armes à feu dans les hôpitaux (25)Au début novembre, le Dr Ibrahim Abdel-Sattar, cardiologue à Bagdad, faisait savoir : « Il y a quinze jours, mon confrère a été tué alors qu’il traitait un patient. Une bande armée a fait irruption dans sa clinique, l’a abattu et s’en est allée sans la moindre explication .» (26) Le 17 décembre, des hommes en uniformes de l’armée ont fait irruption dans les bureaux du CICR à Bagdad et ont enlevé 42 personnes. 26 employés du CICR, tant chiites que sunnites, ont été relâchés plus tard (27)

Comme si la violence quotidienne ne suffisait pas dans le chaos et le désordre qui règnent en Irak, des travailleurs médicaux sont également victimes d’enlèvements contre rançon. Un médecin irakien qui travaille en Grande-Bretagne, Peter Kandela, a interviewé des travaileurs médicaux irakiens qui se sont réfugiés en Jordanie et en Syrie. Il parle d’un chirurgien des reins qui a été enlevé par un groupe d’hommes armés. La première chose qu’ils ont faite a été de feuilleter son carnet d’adresses à la recherche d’une prochaine victime ! « Ils ont même eu le culot de suggérer qu’en échange d’un meilleur traitement durant ma détention, je pouvais leur indiquer d’autres personnes à kidnapper », explique le chirurgien. Finalement, il avait été libéré après que sa femme eut versé 250.000 dollars de rançon .28 Le Dr Kandela explique aussi que « dans l’Irak nouveau, on a son prix en fonction de sa position et de son statut. Les médecins qui sont restés dans le pays savent ce qu’ils valent pour les kidnappeurs. Aussi font-ils en sorte que leur famille ait accès aux fonds nécessaires pour les libérer rapidement une fois qu’on en est arrivé à ce point .» (29) Le 9 novembre, le chef du Croissant-Rouge irakien, le Dr Anas Al-Azawi, était enlevé devant sa maison par des hommes en uniformes bleus de la police. Au départ, le montant de sa rançon avait été fixé à 750.000 dollars, mais on le libéra finalement après paiement d’une rançon sensiblement inférieure.(30)

Le Dr Omer, un chirurgien cardio-vasculaire, a quitté son travail à Bagdad et travaille aujourd’hui dans une petite clinique en Syrie. « Que pouvais-je faire d’autre ? » demande-t-il. « À mon hôpital, j’étais menacé par les milices armées. Trois chirurgiens avaient déjà été assassinés et nous n’étions plus que trois. Je ne pouvais pas me permettre d’être la prochaine cible, car j’ai un enfant à élever. » Et il ajoute : « Je ne suis pas heureux dans mon boulot, ici. Je suis un spécialiste et je travaille désormais comme généraliste. C’est comme si on demandait à un officier de remplir les tâches d’un soldat . » (31)
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21. IRIN, 28 Janvier 2007.
22. Concersation téléphonique avec l'auteur le 27 février 2006.
23. Ibidem.
24. SALAM (Ismaël), Talafar Hospital Equipments smashed by angry armed gunmen, in Health Now Website, 22 juin 2006.
25. San Francisco Chronicle, 30 September 2006.
26. IRIN, 7 Novembre 2006.
27. UN Assistance Mission for Iraq (UNAMI), Human Rights Report : 1 November-31 December 2006.
28. The Independent, 20 octobre 2006.
29. The Times, 20 octobre 2006.
30. UN Assistance Mission for Iraq (UNAMI), op. cit.
31. Mailcommunicatie van de auteur met Dr. Salam Ismael, 26 fevrier 2007.

Par Aymane
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« Les hôpitaux sont devenus de véritables ‘champs de massacre’ »


« La Convention de Genève stipule qu’un hôpital doit être et demeurer une zone neutre, accessible à tous et à coup sûr aux civils. Mais quand des groupes armés ou l’armée occupent un hôpital, les gens n’y ont plus librement accès »
, déclare Cedric Turlan, du Comité pour la Coordination des ONG en Irak (NCCI). Ses propos sont confirmés par des rapports émanant de diverses sources et endroits.

Au cours de la première semaine de novembre 2006, 13 civils ont été tués par des tireurs embusqués en voulant entrer à l’hôpital de Ramadi (à 115 km à l’ouest de Bagdad). Des militaires sous commandement américain ont alors fait irruption à plusieurs reprises dans l’hôpital, tant le jour que la nuit, à la recherche des tireurs positionnés sur le toit. Depuis lors, les gens ne se rendent plus que rarement à l’hôpital, par crainte d’être abattus ou arrêtés. Selon d’autres rapports parvenus au NCCI, des militaires ont également occupé l’hôpital de Mossoul et des ambulances sont régulièrement attaquées à Najaf, Fallujah et autres endroits de la province d’Anbar. (15)

Le 7 décembre 2006, une nouvelle attaque des troupes américaines avait lieu contre l’Hôpital général de Fallujah, qui avait déjà dû subir des attaques similaires en avril et en novembre 2004, durant le siège de la ville par les troupes américaines. Des témoins oculaires ont affirmé que les militaires américains avaient entrepris un raid sur l’hôpital «comme s’il s’agissait d’un objectif militaire ». Des médecins et des membres des équipes médicales avaient été arrêtés, rudoyés et catalogués de terroristes. Un employé de l’hôpital a déclaré que c’était la troisième fois que des soldats américains lui passaient les menottes, ajoutant qu’ils [i]« intervenaient avec plus de brutalité encore contre le personnel médical que contre les autres personnes, parce qu’ils nous considèrent comme les premiers sympathisants de ceux qu’ils désignent comme étant des terroristes ». [/i]Le lieutenant-colonel américain Bryan Salas, porte-parole des forces de combat multinationales en Irak, tenait prête une tout autre explication : « Les troupes de la coalition ont inspecté l’hôpital pour s’assurer qu’il pouvait rester un endroit sûr pour les citoyens de Fallujah, de sorte qu’ils puissent recevoir les soins médicaux auxquels ils ont droit. » Mais ce à quoi il ont eu droit, c’est à la fermeture de l’hôpital durant plusieurs jours, suite au raid militaire. (16)

L’actuel ministre de la Santé publique, Ali Al-Shimari, appartient au mouvement politique de Moqtada Al-Sadr. La branche militaire de ce mouvement, l’Armée du Mahdi, poursuit impunément ses exactions dans les hôpitaux. Des malades et des blessés sont enlevés et assassinés. C’est pourquoi de plus en plus d’Irakiens évitent les hôpitaux. « Nous préférons encore mourir que d’aller à l’hôpital » déclare Abu Nasr, un habitant de Bagdad. « Les hôpitaux sont devenus de véritables ‘champs de massacre’ .» (17)

Il s’avère que le ministère se livre également à des discriminations, dans la fourniture des stocks. Tariq Hiali, un responsable de la santé à Baqouba (à 60 km au nord-est de Bagdad), se plaint de ce que « le ministère de la Santé publique ne nous fournit pas les médicaments et le matériel médical nécessaires – il nous considère comme des terroristes. » Un employé de la banque du sang de Baqouba, Jamal Qadoori, ajoute que « les ambulances que nous envoyons à Bagdad sont retenues par l’Armée du Mahdi ». (18)

Le service des urgences de l’Hôpital universitaire de Bassora est resté fermé durant cinq mois après que plusieurs médecins qui y travaillaient eurent été assassinés par des assaillants non identifiés. De nombreux docteurs et membres du personnel infirmier refusent d’encore y travailler, par crainte pour leur vie (19). Des cliniques ont également été fermées à Ramadi, Hit, Haditha et Fallujah. L’Institute for War and Peace fait savoir que, pour des raisons de sécurité, la plupart des médecins qui ont encore leur cabinet à Bagdad ont déménagé et se sont installés dans des quartiers résidentiels ou à l’intérieur de complexes médicaux. Ils ne donnent plus leurs consultations que le matin, en raison du couvre-feu et de l’insécurité (20).
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15. IDEM, 13 février 2007.
16. IPS, 14 Decembre 2006.
17. The Washington Post, 30 août 2006.
18. Los Angeles Times, 15 Novembre 2006.
19. IRIN, 9 Juillet 2006.
20. IPS, 14 Décembre 2006

Par Aymane
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Des hôpitaux sans moyens


Le 19 janvier 2007, une centaine d’éminents médecins britanniques adressaient à Tony Blair une lettre dans laquelle ils exprimaient leur extrême inquiétude à propos du sort des enfants en Irak. Ils écrivaient entre autres :

« Nous sommes inquiets du fait qu’en Irak, des enfants meurent par manque de soins médicaux. Des centaines d’enfants malades et blessés qui, normalement, pourraient être sauvés à l’aide de moyens simples, sont actuellement condamnés à mort du fait qu’ils n’ont pas d’accès aux médicaments essentiels et autres soins. Des enfants qui ont perdu une main, un pied ou une jambe ne peuvent disposer d’une prothèse. Des enfants présentant de graves problèmes psychologiques ne reçoivent aucun traitement . » (11)

   L’Association irakienne des Médecins dit que 90 % des quelque 180 hôpitaux irakiens manquent d’importants équipements médicaux (12) À l’hôpital Yarmouk, l’un des hôpitaux les plus fréquentés de Bagdad, cinq personnes meurent en moyenne chaque jour parce que les docteurs et le personnel infirmier ne peuvent disposer du matériel pour traiter des maladies et blessures simples, déclare le docteur Husam Abud. Cela représente annuellement plus de 1800 décès évitables et ce, pour un seul hôpital (13). Hassan Abdullah, un haut responsable des soins de santé dans la province de Bassora, explique que, selon ses informations, quelque 90 enfants sont morts à Bassora, entre janvier et juillet 2006, par manque de médicaments. C’est bien plus que l’année précédente : dans la même période, 40 enfants étaient décédés pour la même raison. Marie Fernandez, porte-parole de l’ONG Saving Children from War, dont le siège est à Vienne, confirme le manque de matériel nécessaire, surtout des perfusions intraveineuses et des pochettes de sang. « Les enfants meurent parce qu’il n’y a pas de pochettes de sang disponibles », déclare-t-elle (14)


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11. The Independent, 20 Janvier 2007.
12. IPS, [Inter Press Service News Agency] , 26 Novembre 2006.
13. Los Angeles Times, 15 Novembre 2006.
14. IRIN, 9 juillet 2006.

Par Aymane
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La situation des enfants en Irak : une catastrophe


Après quatre années d’occupation, la situation de la santé en Irak est tout simplement catastrophique. Elle a empiré à un niveau que le pays n’avait plus connu depuis les années 1950, déclare Joseph Chamie, ancien directeur du département Population des Nations unies et spécialiste de l’Irak (1) Du fait de la combinaison des sanctions, de la guerre et de l’occupation, l’Irak montre l’évolution la plus négative dans la mortalité des enfants de moins de cinq ans : de 50 par 1000 en 1990, elle a dégringolé à 125 par 1000 en 2005. Cela signifie une aggravation annuelle de 6,1 % : un triste record du monde, puisque les chiffres dépassent même ceux du Botswana, un pays extrêmement pauvre et, de plus, durement touché par le sida (2) Au début de la guerre, en 2003, le gouvernement Bush promettait de réduire la mortalité infantile de moitié pour 2005. Mais, d’après le ministère irakien de la Santé publique, la situation a continué de régresser, avec une mortalité infantile atteignant 130 par 1000 en 2006 .(3)

L’état de santé de la population est déterminé pour une part bien plus importante par les facteurs sociaux, économiques et environnementaux que par les soins médicaux. Ce n’est pas vraiment une surprise si, durant l’occupation, tous ces facteurs ont régressé. Une étude récente, réalisée avec le soutien du PDNU (Programme de Développement des Nations unies), révèle qu’un tiers des Irakiens vivent dans la pauvreté, avec un revenu inférieur à 2 dollars par jour. Plus de 5 % vivent même dans l’extrême pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 1 dollar par jour. Le rapport fait remarquer que cela contraste très fortement avec la situation d’économie florissante et le revenu national moyen que le pays connaissait dans les années 1970 et 1980.(4) Mais les chiffres de l’étude du PDNU constituent sans doute encore une sous-estimation grossière. D’autres rapports prétendent que 8 des 28 millions d’Irakiens vivent dans l’extrême pauvreté (5) Plus de 500.000 habitants de Bagdad ne disposent de l’eau courante que durant deux ou trois heures par jour. Les Irakiens n’ont de l’électricité en moyenne que trois heures par jour, contre vingt heures par jour avant la guerre (6)

L’alimentation est naturellement essentielle pour la santé. Selon l’Unicef, un enfant irakien sur dix a un poids insuffisant pour son âge (ce qui révèle une sous-alimentation grave) et un sur cinq est en outre trop petit pour son âge (sous-alimentation chronique). Mais pour Claire Hajaj, du Point d’appui de l’Unicef à Amman (Jordanie), il ne s’agit encore que de la partie visible de l’iceberg. « Bien des enfants souffrent également d’une ‘faim cachée’ », déclare-t-elle. « Ils connaissent une carence en vitamines et minéraux importants, qui constituent les fondements mêmes du développement physique et intellectuel de l’enfant. Ces carences sont difficilement mesurables, mais elles rendent l’enfant plus vulnérable aux maladies et font qu’il lui est plus malaisé d’obtenir de bons résultats scolaires »(7) Cela explique pourquoi Hayder Hussainy, un responsable du ministère irakien de la Santé publique, déclare qu’environ la moitié des enfants irakiens souffrent d’une forme ou l’autre de sous-alimentation (8)

Important également, l’impact psychologique de la guerre et de l’occupation. L’Association irakienne des Psychologues (AIP) a interviewé 2000 personnes dans les 18 provinces du pays sur les effets psychologiques de la guerre. 92 % ont déclaré qu’elles craignaient d’être tuées dans une explosion et 60 % ont affirmé qu’en raison de la violence, elles souffraient d’accès de panique et n’osaient pas sortir par crainte d’être les prochaines victimes92 % avaient des difficultés d’étude imputables en grande partie au climat de peur et d’insécurité. « Les seules choses auxquelles ils pensent, ce sont des fusils, des balles, la mort et la peur de l’occupation américaine », déclare Maruan Abdullah, de l’AIP. (10)
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1. Los Angeles Times, 15 Novembre 2006.
2. UNICEF, The State of the World’s Children, 2007.
3. Los Angeles Times, 15 Novembre 2006.
4. siteresources.worldbank.org/IRFFI/Resources/ExSumLivingStandardIraq3.pdf
5. Los Angeles Times, 15 Novembre 2006.
6. IRIN [UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs], 28 January 2007.
7. IDEM, 5 Mars 2007.
8. MEDACT, Iraq Health Update, Mars 2006.
9. IRIN, 31 Janvier 2007.
10. WILSON (David) , The Collapse of Iraq’s Health Care System, Octobre 14-15, 2006.

Par Aymane
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L'invité d'aujourdhui est GUSTAVE LEBON...c'est un medecin et sociologue francais qui va nous exprimer à sa façon l'ampleur de cette religion...

L’habileté politique que déployèrent les premiers successeurs de Mahomet fut à la hauteur de ses talents guerriers qu’ils surent bien vite acquérir. Dès les premiers combats ils se trouvèrent en présence de populations que des maîtres divers tyrannisaient sans pitié depuis des siècles, et qui ne pouvaient qu’accueillir avec joie des conquérants qui leur rendraient la vie moins dure. La conduite à tenir était clairement indiquée, et les khalifes surent sacrifier aux intérêts de leur politique toute idée de conversion violente. Loin de chercher à imposer par la force leur croyance aux peuples soumis, comme on le répète toujours, ils déclarèrent partout vouloir respecter leur foi, leurs usages et leurs coutumes. En échange de la paix qu’ils leur assuraient, ils ne leur imposaient qu’un tribut très faible, et toujours inférieur aux impôts que levaient sur eux leurs anciens maîtres. (...)
La conduite d’Amrou (chef musulman - nda) en Egypte ne fut pas moins bienveillante. Il proposa aux habitants une liberté religieuse complète, une justice impartiale pour tous, l’inviolabilité des propriétés (...). Les habitants se montrèrent tellement satisfaits qu’ils se hâtèrent d’adhérer au traité et payèrent leur tribut d’avance. Les Arabes respectèrent si religieusement les conventions acceptées, et se rendirent si agréables aux populations soumises autrefois aux vexations des agents chrétiens de l’Empereur de Constantinople, que toute l’Egypte adopta avec empressement leur religion et leur langue. C’est là, je le répète, un des résultats qu’on n’obtient jamais par la force. Aucun des peuples qui avaient dominé en Egypte avant les Arabes ne l’avait obtenu. (...) Au contact des Arabes, des nations aussi antiques que celles de l’Egypte ou de l’Inde, ont adopté leurs croyances, leurs coutumes, leurs mœurs, leur architecture même. Bien des peuples, depuis cette époque, ont dominé les régions occupées par les arabes, mais l’influence des disciples du prophète est restée immuable.


“La Civilisation des Arabes” - Ed Le Sycomore/SFIED (Paris) - Réédition de 1985. p.81, 82- (Éd. originale en 1884, Librairie de Firmin-Didot & Cie, Imprimeurs de l’Institut, rue Jacob, 56 - Paris)

je pense que je vais pas en finir si j'invite a chaque fois une personalité...donc je vous laisse les decouvrir une fois pour toute en un simple clik 

c'est un simple petit receuil de 19 pages  regroupant les temmoignages et les impressions sur l'islam de personnes de differents horizons et de toutes les epoques : hommes d'etats ou simples citoyens , celebrités ou simple inconnu , musulman ou non , chacun exprimant à sa façon la grandeur et la beauté de l'islam et de ses preceptes 

clik here

Par Aymane
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Alphonse de Lamartine (écrivain et homme politique français), parlant de Mohammad (Paix sur lui):

« Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l'homme et l'homme à Dieu, restaurer l'idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l'idolâtrie... Jamais homme n'accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde… »

« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l'immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l'homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l'histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n'ont remués que des armes, des lois, des empires; ils n'ont fondé, quand ils ont fondés quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d'hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes..... »

« Il a fondé une nationalité spirituelle (...), la haine des faux dieux, et la passion du Dieu un...la conquête du tiers de la terre à son dogme fut son miracle, ou plutôt ce ne fut pas le miracle d’un homme, ce fut celui de la raison. L’idée de l’unité de Dieu, proclamée dans la lassitude des théogonies fabuleuses, avait en elle-même une telle vertu, qu’en faisant explosion sur ses lèvres elle incendia tous les vieux temples des idoles et alluma de ses lueurs un tiers du monde. »


« Histoire de la Turquie » 1er Tome

 JAMES A. MICHENER (Journaliste):


“ Aucune autre religion dans l’histoire ne s’est propagée aussi rapidement que l’Islam.... L’Occident a largement cru que ce déferlement religieux fut rendu possible par l’épée. Mais aucun érudit moderne n’accepte cette idée et le Coran est explicite dans le soutien de la liberté de conscience.”



“Islam-The Misunderstood Religion, Readers Digest” (Edition Americaine) Mai 1955.


K.S. RAMAKRISHNA RAO (Hindouiste):

 

 “ Mon problème pour écrire cette monographie est facilité du fait que nous ne sommes généralement plus alimentés par ce genre d’histoire (déformée, sur l’Islam), et il est inutile de réfuter ces déformations sur l’Islam. La théorie de l’Islam et l’Épée, par exemple, n’est plus soutenue maintenant dans un quelconque cercle d’historiens digne de ce nom. Le principe de l’Islam, “nulle contrainte en religion” (Coran 2:256), est bien connue.”

“Mohammed le Prophète de l’Islam”, Ed. Alphabeta Paris 1992 p.21/22.

Par Aymane
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Explosions ...Attentas... suicides...Kamikazes...Terrorisme... : ce sont des termes de plus en plus employés par les medias pour nous faire croire que l'islam ne se connait que par la force...et le jeune homme barbu,armé jusqu'aux dents est présenté souvent comme le prototype du musulman qui veut faire diffuser sa religion aux quatre coins du monde...malheureusement beaucoup de gens croit a cette théorie, et ne veulent pas accepter d'autres explications, surtout si ca provient de musulmans même s'ils sont ouvert d'esprits et bien instruit sur leur religion.

Pour ceux qui ne veulent pas faire preuve de lucidité...qui ne veulent pas s'assurer sur la crédibilité de ce que se dit sur l'islam....qui refusent d'écouter les argumentations des savants...qui ne veulent rien savoir de l'islam auprès des musulmans appart bien sûr ce qui provient des medias occidentales ou des mécréants de renommé internationale...Je les invite à consulter ce qui a été dit sur la vérité de la propagation de l'islam par des mécréants connu mondialement et qui ont fasciné des millions par leurs philosophies

Mahatma K. GANDHI :


“Je voulais mieux connaître la vie de celui qui aujourd’hui détient indiscutablement les cœurs de millions d’êtres humains. Je suis désormais plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’Islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. Ces faits, et non l’épée, lui amenèrent tant de succès, et lui permirent de surmonter les problèmes"

Extrait du journal ‘“Young India”, cité dans “The light”, Lahore, 16/09/1924

EDOUARD GIBBON (Célèbre historien britannique):

Edward Gibbon“La plus grande réussite de la vie de Mohammad fut le fait d’une pure force morale...”

“History of the Saracen Empire.” London 1870

“le succès phénoménal de l’Islam est dû au caractère exceptionnel de sa spiritualité et de son programme social et politique. L’expansion de l’Islam est l’une des plus grandes révolutions de l’histoire”.

“Histoire du déclin et de la chute de l’Empire Romain.” Réédition chez R. Laffont, 1983

DE LACY O’LEARY (Historien):

“ L’histoire est claire sur ce point : la légende des musulmans fanatiques s’abattant sur le monde, imposant l’Islam, à la pointe de l’épée, aux peuples vaincus est un des plus fantastiques et absurdes mythes que les historiens ont pu répéter. “

Aux carrefours de l’Islam”, page 28- (Ed. originale “Islam at crossroads”, Londres 1923, p.


To Be Continued ....

Par Aymane
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